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Artiste : LYSISTRATA

Album : Breathe In/Out

Label : Vicious Circle

Sortie : 18/10/2019

Genre : Math Rock

Deux ans après un bombesque premier album « The Thread« , Lysistrata sort « Breathe In/Out », deuxième long format qui assoit le trio de Saintes en tant que maillon fort d’une nouvelle scène indie-rock en France.

 

Il a pourtant fallu trouver du temps à consacrer à ces nouvelles chansons, au milieu d’une tournée plantureuse qui a attiré Théo, Max et Ben aux (presque) quatre coins du monde : plus de 180 concerts en France (et tous ses festivals majeurs), Allemagne, Belgique, Luxembourg, Espagne, Italie, Suisse, Pays-Bas, Pays de Galles, République Tchèque, Lituanie, Hongrie, Autriche, Pologne, Croatie, Slovénie, Chine, Indonésie, Vietnam, Malaisie, Canada ! Des contrées diversement initiées au noise rock exalté de Lysistrata, mais souvent enthousiasmées par sa maestria live, rappelons-le, assez au-dessus du lot. Un rythme effréné donc, mais tout semble assez facile pour ces garçons d’un peu plus de 20 ans. Sans calcul, sans précipitation ; avec spontanéité, avec passion.

 

Pour la confection de Breathe In/Out, le dispositif technique du premier album a été naturellement reconduit, du studio Black Box pour le cadre à Michel Toledo pour l’enregistrement (toujours en live et sur bandes) puis le mix. Mais si les chansons de The Thread avaient longtemps vécu sur scène avant de trouver place sur un disque, ici le chemin est inverse : l’album est entièrement composé d’octobre 2018 à mars 2019, date d’entrée en studio. Les trois complices amènent leurs riffs, en trouvent d’autres ensemble, ressuscitent des inachevés, les assemblent comme des Legos, construisent les structures qui progressivement feront naître les nouveaux titres. Les textes, eux qui évoquent autant l’amour que la folie, l’anxiété et l’éducation, fusionnent en un second temps et seront souvent scandés à l’unisson.

 

Pour Breathe In/Out, tout va plus vite, Théo, Max et Ben savent davantage ce qu’ils veulent et l’exécutent sans peine. Les morceaux sont en moyenne plus courts aussi, plus directs. Les propositions se font plus extrêmes, dans un sens (brutal) comme dans l’autre. La tiédeur ici n’a pas sa place et nous sommes ainsi jetés dans les cordes (« Death By Embarrassment » et sa puissance de tanker, la gifle « Boot On a Thistle ») avant de connaître un vrai moment d’accalmie à mi-parcours sur « End Of The Line », sublime ballade où les silences dévoilent les réverbérations naturelles. Les amateurs de chemins plus ondoyants ne sont évidemment pas épargnés (nous sommes quand même dans la maison Lysistrata), par exemple sur « Different Creatures », ouverture champagne de l’album ; ou sur « Mourn », épique premier extrait dévoilé cet été accompagné de sa vidéo-animation, tout aussi aventureuse, réalisée par la dessinatrice Margaux Chetteau.

 

Avec un naturel tout à fait déconcertant, deux albums impressionnants et trois personnalités très attachantes, les Lysistrata ont déjà érigé leur bâtisse à une hauteur vertigineuse. Murs du son et mélodies vicieuses, labyrinthes noise et émotion frontale, c’est marqués que vous ressortirez de leurs griffes innocentes ; marqués et heureux. Alors inspirez, expirez.