L’Inconnue • Annabel Gazzano et Vianney Galineau

Annabel Gazzano & Vianney Galineau

L’Inconnue

La musique, comme dans un rayon de supermarché, c’est des gros industriels et des petits producteurs locaux. Entre circuit-court, développement de projets artistiques et promotion des talents locaux, Le Rayon t’invite à prendre le café avec ces indés qui font les choses bien ☕️

Aujourd’hui Le Rayon du RIM vous présente un nouveau point de vente dans l’agglomération bordelaise : L’Inconnue

Depuis 38 ans, l’association Rock & Chanson accompagne les musicien·nes dans leur parcours musical, créant une permanence artistique foisonnante sur Talence et un renouvellement permanent des esthétiques et des artistes du territoire.

Implantée sur le quartier de Thouars, au cœur d’un parc aux arbres centenaires, L’Inconnue, c’est chaque jour près d’une centaine de personnes de la métropole bordelaise qui fréquentent les espaces de travail et de création, ouverts 6j/7, 274 jours par an.

Mais c’est encore Annabel et Vianney qui en parlent le mieux 👌

Vianney, Annabel et Delphine (qui se cache derrière son vinyle)

Qui êtes-vous, et qu’est-ce que l’Inconnue ?

• Je suis Annabel, je travaille à L’Inconnue depuis presque 4 ans, en tant que chargée de communication, de billetterie et de la vie associative.

• Je suis Vianney. Je suis arrivé à L’Inconnue il y a un peu plus de 2 ans pour m’occuper de l’accueil et de la répétition et depuis janvier 2024, je m’occupe également de la coordination de l’accompagnement.

Annabel • Pour présenter L’Inconnue, avec l’équipe on aime parler de « scène curieuse de musique » parce que c’est un lieu d’expérimentations sonores, de découvertes et de rencontres. Tout pour titiller la curiosité d’amoureux·ses de musique.

Avec huit studios de répétition, une école de musique, un studio d’enregistrement, un pôle médiation, un dispositif d’accompagnement, un festival annuel et une salle de concert, L’Inconnue offre une multitude de possibilités artistiques ! Les artistes sont évidemment au coeur du projet, en résidence, en répétition, en enregistrement, accompagnés, associés, ils participent activement à la vie de notre lieu. C’est un lieu qui est [quasi-]toujours ouvert, 6 jours / 7, de 10h à minuit. Il y a toujours quelqu’un qui joue, compose, repète quelque-part. Toutes les musiques co-existent dans chaque recoin, des projets avant-gardistes les plus fous aux musiques populaires, toutes sont valorisées avec la même ambition : créer de l’étonnement, du ravissement aussi et de véritables interactions culturelles entre les personnes.

Le projet de L’Inconnue est porté par l’association Rock & Chanson depuis maintenant presque 40 ans (La boom d’anniversaire est prévue en 2025 pour fêter ça) ! On pense les projets collectivement, avec nos multiples partenaires,
habitant·es et voisin·es, artistes.

Pour résumer, L’Inconnue c’est un lieu de vie en musique, pour les musicien·nes mais aussi pour celles et ceux qui aime l’écouter.

Faisons une visite imaginaire

Annabel • L’Inconnue est implantée dans le joli parc Chantecler au coeur du quartier de Thouars, à Talence. On va pas se mentir, il faut faut parfois se perdre pour nous trouver. Mais une fois arrivé, on y aperçoit un ancien chai rénové au milieu des arbres centenaires. On peut se poser sur la terrasse avec un café, passer à l’accueil où Vianney, Romain ou Juliette peuvent vous réserver une salle de repet’ et vous conseiller. On y vient aussi pour apprendre à jouer d’un instrument, seul·e ou à plusieurs.

Ça grouille toujours de musicien·nes : que ce soit l’après-midi par les enfants qui attendent leurs ateliers d’éveil en jouant de la batterie sur les sofas, ou encore le soir par les groupes qui viennent répéter et boire un verre.

Plusieurs artistes passent également par notre dispositif d’accompagnement, ils·elles viennent enregistrer dans notre studio, ou bien faire une ou plusieurs journées de résidence sur notre scène.

On peut aussi simplement venir passer une soirée au club, y découvrir un projet musical complètement fou, un artiste qu’on adore ou bien qu’on découvre. Le club fait 160 places, c’est petit, chaleureux et adoré de celles et ceux qui aiment la proximité avec les artistes.

Annabel et Vianney discutent avec Manu (RIM)
lors de l’installation du bac le Rayon

Manu Annabel et Vianney discutant dans l'accueil de l'Inconnue

Pourquoi avez-vous souhaité accueillir un bac du Rayon ?

Borne d'écoute et bac disponibles à l'accueil de l'Inconnue

Annabel • Que ce soit les groupes de la répétition, les élèves de l’école de musique, ou encore les groupes que nous accompagnons ou accueillons au club, ils·elles sont toutes passioné·es de musique et attentif·ives à la création locale.

Si sur la scène de L’Inconnue nous faisons tout pour mettre en valeur les artistes du territoire, cela nous paraît totalement cohérent de nous faire écho de leurs musiques une fois celle-ci enregistrées.

À l’Inconnue, on pense la programmation en partage avec toujours en tête l’envie de donner à découvrir des musiques qui étonnent, questionnent. Mais derrière, il y a aussi l’envie de proposer des rencontres avec les artisants de cette musique, celles et ceux qui la vivent et la composent.

Avoir le Rayon à l’accueil de L’Inconnue c’est rapprocher un peu plus ces créateur·ices de nos adhérent·es et de nos publics.

image animée de Chouquette le chat sui se prélasse dans le bac du Rayon

Est-ce qu’il y a un disque que tu as particulièrement aimé dans ce bac ?
Ou un disque que tu as hâte d’écouter ?

AnnabelBorgefül – Horst
Elle jouera chez nous le 20 mars prochain avec Midget !
Une contrebassiste qui nous propose des paysages sonores hors des sentiers battus. Le tout en patois auvergnat. C’est beau, ça fait vibrer. Et je suis fan de la contrebasse !

VianneyPurrs • Goodbye Black Dog
Quand il y a « post » devant un nom de style musical plus généraliste, je sais qu’il y a de fortes chances que la me plaise, et c’était le cas !

Le dernier live à l’Inconnue qu’il ne fallait pas louper ?

Annabel • On a fêté les 20 ans de Murailles Music en octobre dernier. Toute l’équipe était super heureuse de pouvoir faire partie des lieux qui recevaient cette tournée. C’est un partenaire précieux pour nous, qui met en avant des artistes hors-normes qui raisonnent complètement avec notre programmation au club. On a eu la joie d’accueillir ARLT, RIEN VIRGULE et DAS KINN. Trois moments musicaux totalement différents mais qui ont su réunir un public conquis.
C’était parfait !

Vianney • Nous organisons 3 soirées Alternatives dans l’année (L’Inconnue s’associe à une association locale qui programme au club), et celle du 11/11/23, organisée par Burdigala Records et Lunar Chords était une chouette réussite. La salle comble, une super ambiance familiale, du hardcore, des sourires et des supers souvenirs !

Quelle est la dernière sortie qui t’a fait frissonner ?

Vianney • Dans la catégorie Monde , le retour de Linkin Park. C’est un de mes groupes fondateurs d’adolescent. L’intégration de la nouvelle chanteuse, absolument pas évidente après Chester Bennington, s’est révélée très pertinente, et je trouve les deux premiers singles du futur album excellents.
Et j’aimerais aussi ajouter, dans la catégorie locale, une des dernières sortie de Flippin’ Freaks, le groupe de shoegaze clarence et leur super 1er album : smudge

INTERVIEW · Adeline · Médiatrice culturelle à La Nef

Adeline, responsable de l’action culturelle à La Nef

Le Rayon te propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre la musique en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on t’invite à prendre le café avec les pros du microsillon.

Aujourd’hui Le Rayon te présente Adeline, responsable de l’action culturelle à La Nef, une salle de spectacle située à Angoulême et dédiée à la musique actuelle, mais pas que.

Salut Adeline, est-ce que tu peux te présenter et ce que tu fais à la Nef ?

Je m’appelle Adeline Sourisseau, je suis médiatrice culturelle à La Nef donc en gros je monte des projets avec des structures extérieures. Ça peut être des scolaires, le milieu hospitalier, le milieu carcéral, des centres sociaux, peu importe tant qu’il y a une envie commune de faire quelque chose.

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur la Nef ? Il s’y passe quoi concrètement ?

La Nef c’est ce qu’on appelle une SMAC, scène de musiques actuelles, dans laquelle on va retrouver une salle de concert qui fait 750 places. On y trouve 4 studios de répétitions qui accueillent en moyenne 150 groupes à l’année et un studio d’enregistrement qui sert essentiellement à l’accompagnement de la scène locale, à faire des maquettes. On fait peu, voire pas, d’enregistrement professionnel. On a une boutique dédiée aux acteurs de l’image chez nous, donc c’est des illustrateurs qui vont mettre en dépôt-vente leurs créations par exemple. Ça peut être aussi nous, nos propres créations, puisqu’on essaye de travailler au maximum avec les illustrateurs et dessinateurs d’ici. Par exemple, on a ce projet de sérigraphie qui s’appelle 7 trois-quart, c’est donc 7 illustrations à l’année, 3 couleurs imposées et carte blanche à l’illustrateur. Donc on essaie sur certains concerts de faire une sérigraphie en lien avec le concert qui sera animée en réalité augmenté. Il suffit de télécharger l’application PAN et l’affiche s’anime, donc on fait travailler les illustrateurs et dessinateurs mais aussi les gens du dessin animé pour pouvoir mettre en réalité augmenté ces différents supports. Et dans cette boutique on retrouve aussi des Fanzines, des disques, des CD, des vinyles et des cartes postales.
Et on fait plein d’animations. Il y a ce qu’on appelle le « fauxtomaton ». je n’en dirai pas plus, les gens testeront pour ce qui viendront. On a aussi des illustrateurs, par exemple Timothée au bar, qui fait des croquis et qu’on édite en carte postale chaque année. Ils sont une petite dizaine à venir et à tourner sur les concerts régulièrement.

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef
Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef

La Nef est grande mais est-ce que tu peux nous faire une visite imaginaire ? Décrire à quoi il ressemble pour que les lecteurs puissent se l’imaginer.

Alors improviser ça, ça va être compliqué (rire). Il faut s’imaginer rentrer dans une ancienne poudrière où on fabriquait avant des munitions d’armes. Donc un vieux bâtiment en pierre qui a une hauteur sous plafond assez grande avec des charpentes en bois. Quand on sort de cette salle de concert, on arrive dans le coté plus moderne qui a été fait en 2005. On va retrouver un bar qui change d’allure régulièrement. Là aujourd’hui il est très fleuri par exemple, mais on a eu des jungles et pas mal de choses. Quand on remonte au studio, là on arrive dans un univers qui nous met en condition plus sérieuse. Avec un son très mat dans les studios, ce qui fait que l’acoustique est très particulière. Et comme c’est entretenu très régulièrement, on a la chance d’avoir des régisseurs studio qui font très attention au matériel et des groupes très respectueux de ça.

Quel est ton meilleur souvenir dans cette salle ?

Alors j’en ai plein ! C’est dur mais j’ai tendance à dire que c’est le premier concert que j’ai fait sans mes parents. Je l’ai fait ici quand j’étais adolescente. C’était le concert de Nada Surf, avant les rénovations, donc en 2003 ou 2002. Il y avait que la salle, il n’y avait pas la partie studio et bar. Le bar était dans la salle donc ça faisait plus petit. Et le groupe était venu boire des coups avec nous à la fin. C’était mon premier souvenir marquant. Si à cette époque je m’étais dit que j’allais boire plein de coup avec des groupes par la suite je ne l’aurais pas cru. (rire)

On peut donc dire que ton « toi » plus jeune est satisfaite alors ?

Voilà exactement ! (rire)

La Nef vient d’installer un bac le Rayon, qui rassemble les disques produits par les labels indés de Nouvelle-Aquitaine…  En quoi est-ce important de proposer au public la musique produite localement ?

Alors déjà, ça fait partie d’une démarche globale de La nef. On a cette envie de travailler en circuit court. Alors on a des failles comme tout le monde puisqu’on ne peut pas tout faire en circuit court mais on y travaille. Notamment sur le catering et restauration on va acheter nos légumes et cueillir nos fruits à la cueillette fabulette plutôt que d’en acheter qui viennent d’Espagne ou autre. Quand on a crée la boutique on l’a dédiée à l’image puisqu’avant il y avait un disquaire dans cette boutique mais son souvenir est très présent et on avait pas forcement envie de mettre un autre disquaire. Donc on a préféré la dédier à l’image et on s’est dit quand même qu’il y a un lien à faire entre image et musique. Donc sans faire appel à un disquaire, comment essayer de faire en sorte que ce circuit court qu’on essaye de mettre en place soit présent en terme de disque. Et là Manu (Monsieur le Rayon) est arrivé (rire) ! C’était important pour nous d’avoir les labels de la région dans cette boutique là.

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef
Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef

Et parmi les artistes locaux on peut y retrouver des illustrateurs et des collectifs c’est ça ?

Tout à fait ! Au niveau des collectifs on a le collectif PAN par exemple qui fait une expo érotique dans les toilettes, on a le collectif le Hiboux dont on a les fanzine ici. Ça dépend aussi des envies des gens.

Dans ce bac Le Rayon, est-ce qu’il y a un disque qui t’a plu ?

Oh j’en ai plein mais là, ceux que j’ai chez moi et que j’écoute le plus souvent, ça va être du Shannon Wright ou Lysistrata.

Un groupe du coin que tu aimerais nous faire découvrir ?

Ah il y en a plein, là ce qui me vient en tête, parce qu’ils répétaient mercredi, c’est les Mexican Purple Wine. Une espèce de grunge bien énervé ! Je vous les recommande fortement !

Imagine que j’ai envie de créer ma salle de concert… quel bon conseil est-ce que tu me donnes ? Au contraire, un truc que je dois absolument éviter ?

Déjà je te demanderais quel type de salle tu veux faire, est-ce que c’est une petite salle rurale, un parc expo (rire) ça va dépendre de ce que tu veux faire. Je te conseillerais la petite salle en milieu rural. La chose à éviter c’est de se mettre dans un lieu avec un voisinage trop proche. Par exemple, nous on est bien ici dans un industriel. Alors c’est pas exotique quand on sort mais au moins on embête personne. Les choses que je te conseillerais c’est de ne pas faire comme les autres. De trouver quelque chose qui te sort du lot.

Et qu’est-ce que La Nef a qui la sort du lot ?

Je pense que c’est justement le fait que quand les gens viennent à la Nef ils ne viennent pas seulement voir des concerts. On leur propose autre chose. Notamment toutes les animations qu’on met en place, comme pour « Bisou », je peux pas tout dire mais il va y avoir la possibilité de faire son propre flipbook, de couple ou d’amis. Il va y avoir la possibilité de faire un Tinder mais DIY, chaque célibataire se dessine et les autres célibataires qui passent peuvent choisir le dessin qu’ils veulent. Il va y avoir un blindtest comme d’habitude, il va y avoir de la licorne, je n’en dirai pas plus (rire). Des tatouages, de la radio, des expos, en veux tu en voilà, il y en a dans les toilettes, sur les murs, un peu partout.

> événement passé du 9 au 13 Novembre 2021

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef

Ah oui, vous avez crée une radio ?

Oui, avec plusieurs acteurs du territoire on a crée radio Zai Zai. Dans le conseil d’administration il y a la Nef mais aussi Musique Métisse, passe à l’image qui est une association plutôt dédiée au documentaire, il y a le FRAC, (fond régional d’art contemporain), j’en oublie certainement mais l’idée c’est que ce soit ouvert à plusieurs esthétiques et envies, pas qu’à la musique. Ils viennent sur « Bisou » toute la semaine faire un plateau en direct. Là où on se trouve, qui est aussi notre salle de karaoké (rire).

> Pour en savoir plus sur Radio Zai Zai

Quel est ton dernier coup de cœur musical vu à La Nef ?

Ah c’est mes chouchous, c’est Johnny Mafia. Hyper touchant, et je ne sais pas, ils me donnent la patate. Je ressors de là je serais capable de monter sur scène (rire).

Qu’est-ce qui fait un bon concert selon toi ?

Je pense que c’est la relation que les membres d’un groupe ont entre eux. On voit vite un groupe qui se prend la tête et un qui se la prend pas et on voit vite la différence en live.

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef
Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef
Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine La Nef

Et un bon disque ?

L’ingé son ! (Rire) Une fois que les musiciens sont bons, clairement la différence c’est la personne qui va s’occuper de enregistrement, du mix, etc…

Il faut bien s’entourer alors !

Exactement (Rire) !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un groupe de musique qui se lance, à part avoir un bon ingé son ?

Il faut savoir être patient et ne pas vouloir aller trop vite !

> Pour plus d’informations : https://www.lanef-musiques.com/

INTERVIEW • Monsieur Le Rayon

Manu, chargé de la promotion et de la distribution des disques Le Rayon

Emmanuel est la figure de proue du Rayon. C’est lui qui centralise les disques produits par les labels néo-aquitains et les distribue dans nos points de vente partenaires. Au volant de son van et son bac à disques sous le bras, il parcourt la région pour rencontrer celles et ceux qui font vivre la musique indépendante, et déposer près de chez vous toutes leurs pépites sonores.

Pour le rencontrer, devenir partenaire Le Rayon ou juste lui envoyer un mot doux : emmanuel . castel @ le – rim . org

INTERVIEW • David • Fondateur de La Petite Populaire

LA PETITE POPULAIRE
nous offre le café (culturel)

Le Rayon vous propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre le disque en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on prend le café avec les pros du microsillon. Aujourd’hui, spotlight sur les activités de La Petite Populaire et d’un de ses fondateurs et chargé de développement David Lespes.

Salut David, pour commencer est-ce que tu veux bien nous dire avec tes mots ce qu’est ta structure La Petite Populaire ?

La Petite Populaire c’est un projet collectif, qui a quatre ans maintenant, situé sur la commune rurale de La Réole, donc en Sud-Gironde. C’est un projet à vocation culturelle principalement, même si ses activité se sont vachement diversifiées. On a notamment un café associatif depuis deux ans et demi. Voilà notre activité c’est concerts, résidences, spectacles vivants, ateliers de sensibilisation… En gros !

Si on se place d’un point de vue du territoire, comment tu envisages ce lieu dans la vie de la commune ? De la communauté de communes ?

Nous sommes effectivement situés dans la communauté de communes du Réolais en Sud-Gironde. On tente de rayonner sur ce territoire là, qui rassemble une trentaine de communes. On a deux choses : un café associatif, donc un lieu identifié en centre ville de La Réole avec une vitrine sur la ville, et un projet qui est implanté un peu partout sur la communauté de commune avec cette volonté d’aller sur les territoires un peu plus isolés et vers les populations éloignés. On se situe depuis le départ comme une alternative à ce qui existe sur le territoire, où au niveau culturel il y a beaucoup de festivals, de manifestations festives. On est arrivé avec une alternative qui à notre sens manquait, en tout cas qui nous manquait à nous.

On est sur Le Rayon donc on va parler galette ! Quel est le rapport de La Petite Populaire à la musique enregistrée ? Ça occupe quelle place dans votre activité ?

Alors la place de la musique en général, live ou enregistrée, est assez prégnante dans l’asso. On est axé sur la diffusion de musique live accompagnée, dans un schéma classique, de sorties d’albums et autres projets [de disques ndlr]. Ensuite, la place de la musique enregistrée dans l’asso est très importante. Dans le café associatif ouvert au public, on diffuse de la musique et à 100 % sur vinyle. Ça a une place quasiment essentielle dans les journées du café. On fait aussi point de vente. On a un rayon de vinyles d’occasion qui est alimenté par l’association, et on a un dépôt/vente avec le RIM. On a aussi quelques dépôts de labels locaux pas forcément affiliés au RIM.

Pour revenir sur cette notion d’endroit, comment tu définirais un lieu culturel ?

C’est une question assez large (rires). Pour nous un lieu culturel, on l’identifie à notre café qui est un café culturel, c’est-à-dire pas forcément un lieu de diffusion proprement dit. Pour la diffusion on va aller directement sur le territoire. En revanche, on se considère café culturel dans la mesure où on veut y provoquer des rencontres, du partage pour lesquels la culture est un excellent prétexte. Cela passe par la diffusion de musique, le dépôt de disques et tout ce qu’on essaie de transmettre ou de véhiculer qui a une forte orientation culturelle. On se situe comme un lieu culturel dans le sens où ça fait partie des discussions, des débats, des projets des gens qui viennent fréquenter le lieu.

Au niveau artistique, même si en ce moment c’est un peu compliqué on va essayer de rester positif, comment tu vois les relations avec les artistes qui se produisent chez toi, dont potentiellement tu vends les productions ? C’est quoi la nature de vos relations ?

On essaie d’être un espace de diffusion et d’expression alternatif dans le sens où on est sur un territoire particulier. On est en milieu rural, on a pas de SMAC (scène de musiques actuelles, label attribué depuis 1998 aux structures porteuses d’un projet artistique et culturel d’intérêt général dans le champ des musiques actuelles ndlr), pas de lieux qui soient dédiés donc on joue avec le milieu, on joue avec les ambiances et l’idée c’est de proposer aux artistes qu’on reçoit des conditions un peu particulières.

Pour les artistes qui tournent, on essaie de jouer sur le fait que c’est un peu atypique et que ça leur change leur quotidien et, inversement, pour les artistes plus amateurs ou plus confidentiels, c’est aussi leur proposer des conditions professionnelles. On ne travaille qu’avec des gens qualifiés pour l’appui technique. L’idée c’est de détourner ce schéma de salle classique, qui est très bien au demeurant, mais de le faire à notre façon avec le côté le plus humain possible. Le rapport qu’on a avec les artistes, c’est donc vraiment de les accueillir sur un temps ponctuel et défini d’une façon qui, si elle n’est pas forcément « originale », s’attache au côté humain.

« Accueillir les artistes d’une façon qui s’attache au côté humain »

La dynamique actuelle, notamment en musique, semble plutôt la numérisation. Tu portes quel regard là-dessus, sur le mouvement qui va vers le tout numérique, que ce soit dans la production ou dans la manière dont les gens entrent en contact avec la culture aujourd’hui ?

Je ne vois pas forcément ça d’un mauvais œil. On n’est pas forcément à 100 % dans ce mouvement là et dans ce travail là. Pas encore en tout cas. On a produit des choses sur le web pendant le confinement notamment. Des créations sonores entre autres. On reste quand même attiré par le live et le rapport physique aux choses. C’est peut-être une question de génération. À titre personnel, je considère qu’un concert ne se vit pas de la même façon en live que sur le web. En revanche ça peut être complètement complémentaire. Des propositions sur tout ce qui est numérique par rapport à la diffusion musicale peuvent être un super complément. Je ne verrais toutefois pas l’un sans l’autre. Ça a aussi de beaux jours devant soi. Avec les conditions et le contexte qu’on connaît, j’imagine qu’il y a des gens et des initiatives tournés vers le numérique pour offrir des choses un peu moins froides. C’est un truc qui revient souvent sur des diffusions via un écran. Mais je reste plutôt positif là dessus. Le live et le côté direct, humain, ça restera. La convivialité c’est quelque chose qui restera. Je pense que le numérique tend vers ça aussi. Je suis plutôt optimiste sur le fait que ça se développe de façon un peu moins froide. Il y a très probablement une question de génération au final.

On parle de concerts en livestream tels qu’ils ont essaimé sur Internet depuis le premier confinement, est-ce que tu aurais une idée un peu plus précise d’un dispositif qui permette de rendre la retransmission sur Internet moins froide, plus humaine ?

Comme beaucoup de petites structures, on a expérimenté à notre niveau en essayant de travailler sur des projets malgré le contexte actuel, en association avec d’autres structures. On a développé des choses qui ne sont pas nécessairement très originales. Par exemple, le confinement nous a orienté sur un projet qui s’appelle Radio Song, qui consiste en un artiste qu’on invite dans un lieu particulier, qu’on capte en vidéo, qu’on capte en radio, avec une petite interview et un tout petit public. On a fait Michel Cloup en juillet et on est censé faire French Cowboy très bientôt. L’idée c’est d’avoir un tout petit public, d’avoir un montage vidéo de qualité après-coup et d’avoir un montage radiophonique, avec du live entrecoupé d’interviews. Rien d’absolument original, par contre ça nous a mis sur ce terrain là qu’on aurait peut-être pas expérimenté s’il n’y avait pas eu ce contexte là.

Et tu vois ce genre de projet se pérenniser, même après un espéré « retour à la normale » du secteur culturel ? C’est quelque chose qui vous attire ?

Oui ! En fait c’est une idée qu’on avait eu avant même le confinement, ça nous a fourni un moment tout indiqué pour le faire. Donc oui c’est quelque chose qui est censé se faire et même se faire régulièrement. Pour le moment on jongle un peu avec les protocoles sanitaires depuis quelques mois donc c’est pas très régulier. Ça tend à le devenir.

Est-ce que tu aurais un conseil d’expert pour les amateurs de disque de la région ? Est-ce qu’il y a une sortie qui t’a marqué ces derniers temps ?

Sur les disques d’artistes régionaux je penserais à Blackbird Hill, album qui est sorti juste avant le premier confinement donc pas de chance, en plein dans le mille ! Pas de bol, mais c’est un disque qui vaut le coup d’être écouté, réécouté et surtout de vivre malgré sa malchance de ne pas avoir être pu mis sous la lumière cette année. Plus largement, dans les artistes nationaux il y a Thousands qui est chez Talitres dont le dernier album sorti en juin qui est magnifique. Et pour les plus anciens (ou peut-être pas!) la réédition par Vicious Circle de Chokebore, album qui s’appelle A Taste For Bitters. Voilà mes coups de coeur des labels du RIM !

On est pile poil dans le thème, merci beaucoup David et à bientôt sur La Réole !