Raphaël Guerreiro • La Drôle d’Épicerie

Raphaël Guerreiro
La Drôle d’Épicerie

La musique, comme dans un rayon de supermarché, c’est des gros industriels et des petits producteurs locaux. Entre circuit-court, développement de projets artistiques et promotion des talents locaux, Le Rayon t’invite à prendre le café avec ces indés qui font les choses bien ☕️

Aujourd’hui Le Rayon du RIM te présente un nouveau point de vente à Angoulême : La Drôle d’Épicerie

Coopérative créée autour de valeurs chères, dont l’envie d’œuvrer à un monde plus juste, la Drôle d’Épicerie (Les drôles d’oiseaux) est à la fois un salon de thé, une épicerie zéro-déchet mais aussi un espace de coworking et un lieu de diffusion d’évènements. Ce tiers-lieux chaleureux a souhaité accueillir également un bac à disques du Rayon pour soutenir et promouvoir la production musicale indé et locale.

L’équipe du RIM a rencontré l’un des co-fondateurs, Raphaël Guerreiro, qui se définit comme un militant pour un changement radical de la société, de la justice sociale et environnementale. Un profil passionnant qu’on t’invite à découvrir dans cette mini interview 👌

Vianney, Annabel et Delphine (qui se cache derrière son vinyle)

Qui êtes-vous, et qu’est-ce que l’Inconnue ?

• Je suis Annabel, je travaille à L’Inconnue depuis presque 4 ans, en tant que chargée de communication, de billetterie et de la vie associative.

• Je suis Vianney. Je suis arrivé à L’Inconnue il y a un peu plus de 2 ans pour m’occuper de l’accueil et de la répétition et depuis janvier 2024, je m’occupe également de la coordination de l’accompagnement.

Annabel • Pour présenter L’Inconnue, avec l’équipe on aime parler de « scène curieuse de musique » parce que c’est un lieu d’expérimentations sonores, de découvertes et de rencontres. Tout pour titiller la curiosité d’amoureux·ses de musique.

Avec huit studios de répétition, une école de musique, un studio d’enregistrement, un pôle médiation, un dispositif d’accompagnement, un festival annuel et une salle de concert, L’Inconnue offre une multitude de possibilités artistiques ! Les artistes sont évidemment au coeur du projet, en résidence, en répétition, en enregistrement, accompagnés, associés, ils participent activement à la vie de notre lieu. C’est un lieu qui est [quasi-]toujours ouvert, 6 jours / 7, de 10h à minuit. Il y a toujours quelqu’un qui joue, compose, repète quelque-part. Toutes les musiques co-existent dans chaque recoin, des projets avant-gardistes les plus fous aux musiques populaires, toutes sont valorisées avec la même ambition : créer de l’étonnement, du ravissement aussi et de véritables interactions culturelles entre les personnes.

Le projet de L’Inconnue est porté par l’association Rock & Chanson depuis maintenant presque 40 ans (La boom d’anniversaire est prévue en 2025 pour fêter ça) ! On pense les projets collectivement, avec nos multiples partenaires,
habitant·es et voisin·es, artistes.

Pour résumer, L’Inconnue c’est un lieu de vie en musique, pour les musicien·nes mais aussi pour celles et ceux qui aime l’écouter.

Faisons une visite imaginaire

Annabel • L’Inconnue est implantée dans le joli parc Chantecler au coeur du quartier de Thouars, à Talence. On va pas se mentir, il faut faut parfois se perdre pour nous trouver. Mais une fois arrivé, on y aperçoit un ancien chai rénové au milieu des arbres centenaires. On peut se poser sur la terrasse avec un café, passer à l’accueil où Vianney, Romain ou Juliette peuvent vous réserver une salle de repet’ et vous conseiller. On y vient aussi pour apprendre à jouer d’un instrument, seul·e ou à plusieurs.

Ça grouille toujours de musicien·nes : que ce soit l’après-midi par les enfants qui attendent leurs ateliers d’éveil en jouant de la batterie sur les sofas, ou encore le soir par les groupes qui viennent répéter et boire un verre.

Plusieurs artistes passent également par notre dispositif d’accompagnement, ils·elles viennent enregistrer dans notre studio, ou bien faire une ou plusieurs journées de résidence sur notre scène.

On peut aussi simplement venir passer une soirée au club, y découvrir un projet musical complètement fou, un artiste qu’on adore ou bien qu’on découvre. Le club fait 160 places, c’est petit, chaleureux et adoré de celles et ceux qui aiment la proximité avec les artistes.

Annabel et Vianney discutent avec Manu (RIM)
lors de l’installation du bac le Rayon

Manu Annabel et Vianney discutant dans l'accueil de l'Inconnue

Pourquoi avez-vous souhaité accueillir un bac du Rayon ?

Borne d'écoute et bac disponibles à l'accueil de l'Inconnue

Annabel • Que ce soit les groupes de la répétition, les élèves de l’école de musique, ou encore les groupes que nous accompagnons ou accueillons au club, ils·elles sont toutes passioné·es de musique et attentif·ives à la création locale.

Si sur la scène de L’Inconnue nous faisons tout pour mettre en valeur les artistes du territoire, cela nous paraît totalement cohérent de nous faire écho de leurs musiques une fois celle-ci enregistrées.

À l’Inconnue, on pense la programmation en partage avec toujours en tête l’envie de donner à découvrir des musiques qui étonnent, questionnent. Mais derrière, il y a aussi l’envie de proposer des rencontres avec les artisants de cette musique, celles et ceux qui la vivent et la composent.

Avoir le Rayon à l’accueil de L’Inconnue c’est rapprocher un peu plus ces créateur·ices de nos adhérent·es et de nos publics.

image animée de Chouquette le chat sui se prélasse dans le bac du Rayon

Est-ce qu’il y a un disque que tu as particulièrement aimé dans ce bac ?
Ou un disque que tu as hâte d’écouter ?

AnnabelBorgefül – Horst
Elle jouera chez nous le 20 mars prochain avec Midget !
Une contrebassiste qui nous propose des paysages sonores hors des sentiers battus. Le tout en patois auvergnat. C’est beau, ça fait vibrer. Et je suis fan de la contrebasse !

VianneyPurrs • Goodbye Black Dog
Quand il y a « post » devant un nom de style musical plus généraliste, je sais qu’il y a de fortes chances que la me plaise, et c’était le cas !

Le dernier live à l’Inconnue qu’il ne fallait pas louper ?

Annabel • On a fêté les 20 ans de Murailles Music en octobre dernier. Toute l’équipe était super heureuse de pouvoir faire partie des lieux qui recevaient cette tournée. C’est un partenaire précieux pour nous, qui met en avant des artistes hors-normes qui raisonnent complètement avec notre programmation au club. On a eu la joie d’accueillir ARLT, RIEN VIRGULE et DAS KINN. Trois moments musicaux totalement différents mais qui ont su réunir un public conquis.
C’était parfait !

Vianney • Nous organisons 3 soirées Alternatives dans l’année (L’Inconnue s’associe à une association locale qui programme au club), et celle du 11/11/23, organisée par Burdigala Records et Lunar Chords était une chouette réussite. La salle comble, une super ambiance familiale, du hardcore, des sourires et des supers souvenirs !

Quelle est la dernière sortie qui t’a fait frissonner ?

Vianney • Dans la catégorie Monde , le retour de Linkin Park. C’est un de mes groupes fondateurs d’adolescent. L’intégration de la nouvelle chanteuse, absolument pas évidente après Chester Bennington, s’est révélée très pertinente, et je trouve les deux premiers singles du futur album excellents.
Et j’aimerais aussi ajouter, dans la catégorie locale, une des dernières sortie de Flippin’ Freaks, le groupe de shoegaze clarence et leur super 1er album : smudge

Emma, Madeline et Pascal • Le Rocksane

 Emma, Madeline et Pascal

Le Rocksane

La musique, comme dans un rayon de supermarché, c’est des gros industriels et des petits producteurs locaux. Entre circuit-court, développement de projets artistiques et promotion des talents locaux, Le Rayon t’invite à prendre le café avec ces indés qui font les choses bien ☕️

Aujourd’hui Le Rayon vous présente Emma chargée de communication, Madeline administratrice et Marc directeur du Rocksane.

Au programme, la présentation de la nouvelle équipe et une discussion autour du nouveau projet associatif avec la mise en place d’événements comme le festival 24 Carats 👀

On les laisse vous raconter tout ça 👌

Emmanuel Castel · Le Rayon du RIM

Emmanuel Castel

Le Rayon du RIM

La musique, comme dans un rayon de supermarché, c’est des gros industriels et des petits producteurs locaux. Entre circuit-court, développement de projets artistiques et promotion des talents locaux, Le Rayon t’invite à prendre le café avec ces indés qui font les choses bien ☕️

Mais concrètement Le Rayon keskecé ?

Découvrez « Le Rayon du RIM », un projet initié en 2017 par le RIM pour promouvoir les production des labels indépendants de Nouvelle-Aquitaine à travers un réseau de distribution de disques.

Dans cette vidéo de présentation on parle de la distribution de disque avec sa tournée de distrib, du bac du Rayon et de son portail média ! On laisse Emmanuel vous raconter tout ça pour en savoir + sur le Rayon 👌

Pour suivre les infos du Rayon :

Baptiste & Erwan · La Quincaillerie

Baptiste & Erwan

Coordinateur et concierge du Tiers-Lieux / Responsable du Café Terrien

La musique, comme dans un rayon de supermarché, c’est des gros industriels et des petits producteurs locaux. Entre circuit-court, développement de projets artistiques et promotion des talents locaux, Le Rayon t’invite à prendre le café avec ces indés qui font les choses bien ☕️

Aujourd’hui Le Rayon vous présente Baptiste qui travaille en tant coordinateur & concierge de la Quincaillerie, ainsi que Erwan, le responsable du Café Terrien. Ces deux compères travaillent au sein de la Quincaillerie situé à Guéret, qui vient tout juste d’accueillir un bac du Rayon !

On laisse Baptiste et Erwan vous raconter tout ça 👌

Salut Baptiste et Erwan, c’est quoi la Quincaillerie ?

La Quincaillerie est un Tiers-Lieux porté par la communauté d’agglomération du Grand Guéret. L’histoire de ce lieu commence en 2014 par la rencontre entre l’agglomération de Guéret et un collectif fédéré sous forme associative.

De part cette rencontre est née un espace de vie et de travail situé au centre de Guéret avec un grand espace en accès libre, un bar associatif, des postes informatiques, un wifi en libre accès…

Le but étant d’avoir un espace où chacun puisse s’y rendre librement et s’y sente comme à la maison.

La Quincaillerie accueille :

  • Des expositions en rotation tous les 2 mois,
  • 30 sièges sociaux d’associations,
  • 1 salle de réunion,
  • 1 salle de concert,
  • 1 FabLab,
  • 1 studio radio ou encore
  • 1 espace de coworking
  • Des bureaux, qui accueillent notamment une école de musique associative (P’Art Si P’Art La), APF France Handicap ainsi que le réseau Tela, réseau de Tiers-Lieux en Creuse.

La Quincaillerie c’est aujourd’hui un espace de partage, d’échange, se positionnant en tant que bien commun fédérateur de vivre ensemble.

C’est quoi le Café Terrien ?

Ce café Terrien est une structure associative à part, qui a été créé pour dynamiser le lieu et renforcer l’aspect social de la Quincaillerie.

L’imposant bar du Café Terrien situé au milieu de la Quincaillerie est venu du souhait d’accueillir aussi un nouveau public Guérétois et d’apporter de nouveaux services pour les usagers : Afterwork, vente de produits locaux en lien avec les producteurs locaux (Jus de Pommes, Bières, Biscuits, Café, etc…), animations culturelles, ateliers…

C’est quoi une journée type à la Quincaillerie ?

Les journées à la Quincaillerie ne se ressemblent jamais, globalement les coworkers.euses arrivent dès le matin pour travailler dans les espaces dédiés et différents flux de gens se mélangent au fil de la journée pour travailler sur les différents espaces à l’étage ou organiser des séminaires et réunions.

Les personnes usagères de la Quincaillerie sont de différentes typologies et viennent pour s’y poser, travailler, consommer au bar ou encore participer aux différents ateliers, animations ou manifestations culturelles.

Le midi, le partage d’un repas par une grande tablé est de mise avec ceux qui le souhaitent, notamment les vendredis par la rotation de différents foodtrucks du territoire. Le but est là aussi de proposer un moment convivial et collectif où tout le monde se croise.
Installée dans un quartier prioritaire, la Quincaillerie compte 130 personnes/structures qui peuvent venir de manière autonome. Ainsi, le lieu peut fonctionner seul avec une véritable notion de commun, est d’en faire un outil qui compte réellement pour le territoire.

Certains soirs différentes personnes peuvent rester à la Quincaillerie pour des afterworks, pour profiter d’un concert ou d’une conférence, ou bien encore de récupérer ses produits bio et locaux les mardis en soirée lors du Drive Fermier de la Quincail’.
Aujourd’hui sur les évènements culturels, nous remarquons que plus nous organisons de concerts, plus les gens se déplacent en venant de différents horizons.

Pourquoi avoir un Bac du Rayon ?

ERWAN : Personnellement cela fait sens par rapport à la proposition culturelle du lieu, cela complète le multi-facette et local de ce dernier.
C’était une évidence de mettre en avant des productions locales et de + avec le QR code à scanner cela nous permet d’écouter ce qui compose le bac du Rayon.

BAPTISTE :Le vinyle c’est un truc que j’ai pas mal chez moi, l’objet et le visuel m’attirent énormément. Je rêverai d’avoir un lieu mélangeant bar à vin, coworking et disquaire, donc le fait de retrouver un bac à disques à la Quincaillerie me rend d’autant plus heureux.

En globalité, les 3 autres points de vente creusois sont des amis adhérents du Réseau Tela, donc il y’a une cohérence réelle à avoir ce dispositif sur notre territoire.

Un disque qui vous attire ?

BAPTISTE : Ayant un attrait pour la musique Dub et Reggae les premiers disques qui m’ont naturellement attiré sont ceux de DAMAN et GROUNDATION. En réalité, je suis plus éclectique que ça et le vinyle de SLUMB m’a tout autant attiré. L’objet en lui-même m’attire et le vinyle est massivement présent chez moi.

ERWAN : De mon côté j’ai une attirance directe pour les vinyles de LYSISTRATA, IT IT ANITA et SLIFT que je connais. D’un autre aspect le vinyle de CAPSULA m’attire énormément avec une pochette mortelle et c’est un coup de cœur purement visuel.

Un message à faire passer ?

Aujourd’hui avec la Quincaillerie, nous avons un réel impact sur le territoire. Nous savons que dans les Tiers-Lieux, les problématiques d’un territoire ne sont pas les mêmes qu’ailleurs.

Nous sommes souvent sollicités pour faire des retours d’expériences et accompagner des lieux à se structurer. Notre accompagnement et nos conseils s’axent notamment sur des questions culturelles et locales.

Nous avons une réelle chance et force de pouvoir s’appuyer sur des lieux ouverts à toutes et tous, d’autant plus en ayant un véritable rôle de diffusion culturelle.

La Creuse peut apparaitre comme un territoire peu attractif alors qu’il s’agit véritablement, selon moi, d’un territoire d’avenir.

Pour suivre les actualités de la Quincaillerie :

DÉJÀ TOUT EN BAS ?
ON A ENCORE :

Créé avec amour par le RIM

Le Réseau des indépendants de la Musique rassemble les acteurs musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine

Coline Lyphout • Facilitatrice au Café Lib’

Coline Lyphout facilitatrice du Café Lib’

Un tiers-lieu à Bourrou

La musique, comme dans un rayon de supermarché, c’est des gros industriels et des petits producteurs locaux. Entre circuit-court, développement de projets artistiques et promotion des talents locaux, Le Rayon t’invite à prendre le café avec ces indés qui font les choses bien ☕️

Aujourd’hui Le Rayon vous présente Coline, facilitatrice du Café Lib’ qui vient d’accueillir un bac du Rayon !

On laisse Coline vous raconter tout ça 👌

Salut Coline, c’est quoi le Café Lib’ ?

Le Café Lib’ c’est un café associatif existant depuis 2012 dans la commune de Bourrou avec ses 135 habitants.

Monté dans l’ancienne école du village et accueillant de plus en plus de monde, ce café à permis de monter une libraire associative, d’accueillir des spectacles ainsi que d’ouvrir un bar.

La mairie a donc investi financièrement le lieu en 2019, permettant de doubler sa superficie et ainsi de le transformer pour le mettre aux normes en tant que tiers lieu.

Aujourd’hui le Café Lib’ c’est :

– Une libraire

– Un lieu d’exposition

– Une salle de spectacle

– Une résidence artistique

– Un espace de coworking avec des bureaux

– Un accueil d’école de musique (Institut des Musiques Rock de Périgueux 3j/semaine)

Il faut aussi savoir que le Café Lib’ c’est une association où je suis la seule salariée, mais c’est d’abord une équipe de bénévoles mobilisés et portant la plupart des projets.
Parmi toutes les activités qui s’entremêlent à hauteur de 3 à 4 par mois nous retrouvons des concerts, des soirées jeux, des après-midi lecture ou encore des rencontres avec des artistes.

Tu peux nous faire une visite imaginaire ?

Quand on arrive à Bourrou, il faut imaginer que c’est un tout petit village avec quelques maisons.

Dehors, il y a une grande halle où l’on fait des spectacles extérieurs, en étant en contrebas du Café Lib’. En montant les marches pour accéder à une terrasse, nous rentrons dans le Café Lib’ avec un hall d’accueil.
À gauche de ce hall, nous retrouvons le bar du café qui donne sur une grande salle.

Dans cette grande salle, nous avons sur le mur du fond la libraire (étant plus une bouquinerie) avec une partie réservée directement à la vente de livres neufs.
Nous retrouvons aussi sur certains murs des expositions d’artistes.

Toujours dans le hall d’accueil, nous retrouverons directement en face de la porte d’entrée, un espace de coworking appelé « La bulle » composée de 5 bureaux.


Et ensuite, à droite du hall d’accueil se trouve une pièce qui accueille l’école de musique. 

Pourquoi vouloir accueillir un Bac du Rayon ?

Au départ, le Café Lib’ n’avait pas vocation à faire des spectacles ou des concerts, puis au fil du temps et des demandes des habitants, le Café Lib’ a commencé à programmer des groupes locaux. De ce fait, en ramenant plus de monde et avec des aides financières, plus conséquentes, tout un questionnement s’est posé sur le financement et la rémunération des artistes locaux.

Il faut savoir que Bourrou reste un village dynamique sur différents pôles, nous pouvons retrouver une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), un groupement d’achat ou encore diverses associations portant des valeurs humaines et de circuits courts.
L’idée d’accueillir le Rayon permettait de faire un lien direct avec Le RIM.

Cela nous permettait aussi de mettre en avant des labels et des artistes locaux de Nouvelle-Aquitaine, tout en proposant aux adhérents et visiteurs du Café Libre la vente de CD et de vinyles de qualité.

Cette démarche humaine, de circuit court valorisant ce vivier local fait entièrement partie de nos valeurs.

Comment es-tu rentrée dans ce projet ?

J’ai habité pendant longtemps au Chili et j’ai travaillé directement dans un jardin culturel, avec un projet assez similaire au Café Lib’. À cette époque, le concept même de tiers lieux n’existait pas. La partie coordination de projet, accueil, relations humaines, médiation, compréhension des mécaniques de collectif ou de groupe m’a toujours beaucoup attiré.

En revenant en France, je suis tombée sur le métier de facilitatrice, métier que je ne connaissais pas. Je me suis donc formée. Je travaillais alors déjà dans un espace de travail partagé à Périgueux.

J’ai donc par la suite trouvé au Café Lib’, une dimension culturelle et une animation rurale qui me plaisaient. 

Un disque du Rayon qui t’attire ?

Oui, le disque SIDI WACHO !

Déjà, l’illustration est particulièrement réussie avec de la gravure. Je fais moi-même de la gravure et c’est ce qui m’a attiré directement.
Les personnes représentées sur la cover portent des foulards, écho un peu zapatiste.

Ayant vécu de nombreuses années en Amérique Latine, ce disque m’attire naturellement.

Pour suivre les actualités du Café Lib’ :

Damien · Disquaire à Plein Soleil

Damien, disquaire à Plein Soleil

Le Rayon te propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre la musique en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on t’invite à prendre le café avec les pros du microsillon.

Aujourd’hui Le Rayon te présente Damien, disquaire à Plein Soleil, situé à La Rochelle (17). Créée en 2020 par Damien et Maud, la boutique s’installe dans le centre de la ville avec pour concept de vendre des disques neufs, d’occasions, mais aussi des objets originaux, éthiques et responsables ainsi que des créations graphiques locales.

Un cocktail atypique et chic que vous propose Plein Soleil.

Plein-Soleil-rayon-du-rim-réseau-musiques-actuelles-nouvelle-aquitaine

Qui es-tu ? Peux-tu te présenter rapidement ?

Damien, Digger et DJ dans les années 90/2000, j’ai longtemps vendu des 45 tours rares à des Djs et collectionneurs à travers le monde. Depuis une dizaine d’années je suis devenu plus «généraliste ».

Après avoir vendu des disques pendant plusieurs années à l’espace Boutique de La Sirène (Salle Musiques Actuelles de La Rochelle) je me suis installé rue Saint Nicolas en centre ville.

Peux-tu nous raconter l’histoire de ta boutique ?

Il y a environ 6 ans, mes amis qui avaient une boutique rue St Nicolas (Prao Boutique) m’on invité à y installer un corner de disques.

En Novembre 2020, avec mon amie et associée Maud, nous avons créé Plein Soleil une nouvelle boutique à ce même emplacement . Le concept est axé sur les disques vinyles neufs et d’occasion mais aussi sur la vente d’objets design, de déco et d’illustrations originales.

Pourquoi as-tu voulu accueillir un bac à disques le Rayon ?

Il m’apparait important de soutenir la production des labels indépendant.

Plein-Soleil-rayon-du-rim-réseau-musiques-actuelles-nouvelle-aquitaine

Un disque que tu as particulièrement aimé dans ce bac ?

Toujours des choses intéressantes, le premier album de Park par exemple est une vraie réussite, celui de La Colonie de Vacances également.

Qu’est ce qui fait un bon disque selon toi ?

Son originalité.. A une époque où le recyclage semble permanent, écouter un disque rafraichissant fait un bien fou !

Que regard portes-tu sur la numérisatin de la culture ?

La numérisation de la culture a bouleversé l’accès à la connaissance .. Les jeunes qui achètent des disques sont souvent beaucoup plus curieux et éclectiques que les générations précédentes grâce à internet.

Par contre il n’y a plus vraiment de hiérarchisation. Ils passent parfois a coté de choses essentielles. Là intervient notamment le rôle du conseil / disquaire 😉

Plein-Soleil-rayon-du-rim-réseau-musiques-actuelles-nouvelle-aquitaine

Sabors discos · 20 ans

Sabor Discos fête leur 20 ans cette année

Le Rayon te propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre la musique en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on t’invite à prendre le café avec les pros du microsillon.

Aujourd’hui Le Rayon te présente Sabor Discos.  Ce label de musique associatif  a pour but premier de développer les échanges culturels, musicaux essentiellement, entre l’Amérique Latine et l’Europe. Il fête leur 20 ans cette année, ils nous racontent. 

Salut Sabor Discos, vous pouvez vous présenter ?

Hervé : Bonjour, je m’appelle Hervé. Je suis originaire de Bayonne et je travaille comme discothécaire à la médiathèque départementale des Landes à Mont-de-Marsan. Je connais mon collègue Cédric depuis le début des années 90 quand nous étions tous les deux étudiants à Toulouse, lieu de notre rencontre et début d’une forte amitié. Nous étions passionnés de musique (disques, concerts, festivals, émission radio sur radio Campus, interviews, fanzines…) avec un engouement privilégié pour ce qui s’est appelé « la troisième vague ska » qui fut mondiale.

Cédric : Je suis charentais, région de Cognac, professeur d’Histoire et de Géographie en lycée en section binationale (français-espagnol). Après nos études à Toulouse j’ai pu partir professionnellement dans le cadre de la coopération au Mexique et j’ai alterné pendant 20 ans entre l’Amérique latine (Mexique donc, Equateur, Guatemala) et les DROM (Guyane, Guadeloupe). Je suis rentré en France et Charente en 2017. Et c’est suite à mon départ en Amérique latine que nous avons eu l’idée de créer ensemble l’association Sabor qui gère le label Sabor Discos, il y a 20 ans cette année ! 

Pouvez-vous nous en dire plus sur Sabor Discos ?

Hervé : Notre label associatif est donc né de l’envie de faire connaître de nombreux groupes latino-américains avec lesquels nous étions en rapport, notamment Cédric qui vivait sur place à l’époque. Dans le même temps nous avions des exemples d’amis qui faisaient des choses similaires : Manu avec Patate Records et ses compilations Let’s Skank (qui était aussi le nom de son fanzine !), ou bien le groupe Skunk d’Hendaye avec leurs disques et compilations sur Skunk Diskak. Nous avons eu envie de faire la même chose en mettant en avant des artistes différents et une scène méconnue à l’époque.
L’association s’est formée autour de quelques personnes avec des compétences en webmastering, en dessin et infographie, des DJ’s… avec une ligne musicale orientée sur les styles ska-reggae, salsa-cumbia et rock latino métissé. On aime les échanges culturels et les métissages, les rencontres humaines et musicales, les voyages et les exemples populaires de vie locale, particulièrement la bonne cuisine et les saveurs épicées ! Cela se ressent je crois, dans nos esthétiques, notre logo et notre catalogue.

Cédric : En effet, on était aussi fan de la scène latino festive et j’ai très rapidement rencontré dans les bars et festivals latino-américains, des groupes très influencés par la Mano Negra avec cette idée « si des Français mélangent du rock avec des musiques plus traditionnelles, pourquoi pas nous ». Et donc les années 2000-2010 ont vu avec un temps de retard sur la France se développer les fusions musicales telles que le ska rock latino, la cumbia rap, cumbia-rock, reggaeton, salsa rock…. et nous nous sommes dits que ce serait bien de faire connaître ses artistes en Europe. Nous avons essayé de faire venir des groupes au tout début mais c’était très difficile de monter des tournées rentables pour eux, nous avions peu de contacts et c’était surtout chronophage pour nous, nous avions nos propres métiers. Personne n’a jamais été salarié dans notre asso, du coup tout le travail pour le label de disque s’est toujours fait sur notre temps libre, donc beaucoup de soirées y ont été consacrées, et ce n’est pas fini, sauf que maintenant on a aussi des familles ! Mais l’envie reste intacte et voir des artistes tourner, des gens apprécier leur musique, les rencontres comme disait Hervé et les voyages nous empêchent d’arrêter. Nous avons aussi survécu aux phénomène de mode : si des labels, distributeurs et autres bookers avec qui on travaillait ont aujourd’hui disparu car les esthétiques latino-festives alternatives et ska sont retombées dans l’oubli (où sont les nouveaux Spook And The Guay , Ruda Salska, Marcel Et Son Orchestre, Zebda, Moon Hop, Kargol’s, ASPO, K2R Riddim…. ) et qu’il n’étaient pas associatifs, aujourd’hui nous avons trouvé de nouveaux partenaires motivés (distribution, booking…) : Waaahcool Agency, Satélite K, Yearning Music, R3dline, Producciones Vikingas… Et donc nos valeurs c’est l’objectif de l’asso : l’ouverture vers de nouveaux horizons non seulement musicaux mais donc gastronomiques et de nouvelles rencontres. De nouvelles amitiés sont nées avec des artistes latinos avec qui je suis très régulièrement en contact (des Mexicains, des Guatémaltèques, des Argentins…)

Sabor-discos-rayon-du-rim-réseau-musiques-actuelles-nouvelle-aquitaine

Comment est-ce que vous repérez les groupes que vous accompagnez ?

Hervé : A la base, il y a beaucoup de curiosité et d’appétit pour la scène ska reggae latino mais aussi les fusions autour de la cumbia et de la salsa avec du rap, du reggae ou autres… Nos rencontres se sont souvent faites autour de concerts que ce soit en Amérique Latine pour Cédric ou en Europe. Avec l’arrivée d’internet les choses ont été beaucoup plus faciles pour s’écrire et échanger des documents. Avant les amis, les groupes nous envoyaient régulièrement des démos, des disques, des contacts… avec parfois des colis et courriers qui se perdaient. Le mail reste le moyen de communication privilégié à présent pour travailler avec des groupes et des artistes dans nos esthétiques musicales.

Cédric : Nous continuons de recevoir pas mal de propositions et aussi du son à diffuser. Nous sommes sollicités et cela fait toujours plaisir, mais dès le début on expliquait aux artistes que l’on était une petite structure que l’on ne leur promettait pas monts et merveilles. Mais on a toujours eu 3 piliers : la diffusion via nos programmes radio (celui d’Hervé a plus de 20 ans sur radio MDM, moi j’en ai eu plusieurs dans les différents endroits où j’ai vécu), l’édition d’albums et de compilations, l’aide aux tournées des artistes. Et donc dès que l’on se rendait compte qu’un artiste avait du potentiel on le renvoyait directement sur une structure plus professionnelle que nous, notamment Ubersee Records en Allemagne, aujourd’hui disparu mais qui a édité et fait tourner plusieurs fois en Europe des groupes avec qui nous travaillions. Par contre aujourd’hui la situation fait que nous recevons donc beaucoup de son par internet et nous diffusons ces artistes via nos émissions, on renvoie vers des partenaires qui pourraient être intéressés. Il nous ai plus difficile avec la COVID19 et la situation du secteur de la musique de leur proposer une édition d’album et des tournées. Rappelons aussi que nous restons très attachés au concept d’album, à l’objet avec sa pochette et que nous éditons du cd et du vinyle mais déléguons la partie digitale qui nous intéresse bien moins. Donc Sabor Discos a une petite réputation en Amérique latine notamment et nous sommes sollicités par des artistes.

Sabor-discos-rayon-du-rim-réseau-musiques-actuelles-nouvelle-aquitaine

L’indépendance et le local sont des valeurs importantes pour Sabor Discos, vous pouvez nous en dire plus ?

Hervé : Oui effectivement, on tient à notre indépendance et à nos valeurs humanistes par respect pour les artistes avec lesquels nous travaillons en premier lieu. Nous essayons de répondre au mieux à leurs exigences dans la mesure de nos moyens. Ensuite pour le local, c’est parce que nous ne sommes pas des citadins dans l’âme, on aime bien la vie campagnarde et de petite ville provinciale. Pour nous c’est plus facile de mettre en place des actions locales, de fédérer des personnes sur un projet et nombreux sont les talents dans nos campagnes ! Nos « cités » étant à taille humaine, on se rencontre plus souvent, on se connaît mieux et c’est plus facile d’organiser une soirée ou un concert entre plusieurs assos par exemple. Il y a peu de « concurrence » sur un événement culturel aussi puisque de facto il y en a moins. Le télétravail et la période de crise sanitaire que nous venons traverser nous confortent dans notre volonté de rester loin des grosses métropoles régionales, sans parler de nos quotidiens personnels faits de circuits courts, de bio local… Notre distributeur national est basé près de Tarbes. Puis voici deux citations qui nous inspirent dans nos projets : « Le local, c’est l’universel moins les murs » (Miguel Torga) et « Penser global, agir local » (Jacques Ellul).

Cédric : J’ai vécu dans des villes immenses telles que Mexico, et j’ai beaucoup apprécié malgré la pollution, le bruit incessant, l’insécurité mais le retour en Charente a été un vrai plaisir. Je suis en train de refaire tout mon carnet d’adresse car les bars, les asso qui existaient quand je suis parti il y a plus de 20 ans, ne sont souvent plus là. Mais la crise COVID19 m’a stoppé dans mon élan. Hervé et les autres membres de l’asso étant à Mont de Marsan, ils ont mis en place depuis de nombreuses années des événements : salon du disque, soirée « DJ de Daube », concert en partenariat avec le caféMusic’…ET donc depuis mon retour un de mes objectifs est de refaire un petit réseau permettant de faire la même en Charente.

Quels sont les professionnels qui vous entourent pour accompagner ces groupes ?

Hervé : Nous avons la chance de pouvoir collaborer avec quelques tourneurs, labels de disques ou musiciens de groupes français, espagnols ou allemands. C’est un réseau fluctuant qu’il faut toujours maintenir en activité comme le disait Cédric. Cela nous permet de faire des échanges de campagne promotionnelle, des échanges de disques, d’étoffer les concerts des tournées des artistes. Nous avons travaillé un temps avec Benoît basé à Pau qui a fait tourner toute la scène alternative de Barcelone notamment le groupe Che Sudaka en France mais aussi la Rocola Bacalao d’Equateur. Nous n’avons plus de booking attitré actuellement et collaborons avec différentes agences telles que Dionysiac, Yearning, R3dline… Nous sommes distribués en France par Waaahcool Agency et en Espagne par Satélite K. Nous espérons avoir une distribution en Allemagne sous peu.

Cédric : Nous faisons donc beaucoup d’échanges avec des labels étrangers associatifs comme nous, des Etats-Unis, d’Allemagne, d’Angleterre, du Japon, d’Equateur et même français car l’idée est de faire un réseau de diffusion, d’entraide… En terme de tournée aussi nous avons des contacts avec des booking étrangers que ce soir en Europe ou en Amérique latine. En ce qui concerne les presseurs, les fabricants, nous avons des partenaires privilégiés mais régulièrement nous en essayons de nouveaux, essentiellement en France et en Espagne. Les infographistes varient suivant les artistes car certains ont des idées très précises et d’autres font confiance avec ceux avec qui nous travaillons, idem pour le mastering. Donc cela peut être des membres de l’asso (nous avons donc le webmaster dont c’est le véritable métier, nous avions un infographiste, et un ingé qui s’occupe du mastering). Le RIM aussi est important pour nous même si nos métiers nous empêchent souvent d’assister aux rencontres. Nous sommes en contact permanent avec Emmanuel pour le Rayon, avons reçu de nombreux conseils et soutiens ces dernières années.

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Un évènement marquant du label dont vous aimeriez nous parler ?

Hervé : On a réalisé un cd et dvd intitulé Solidario au profit de Club Quetzal, une association montoise qui œuvre pour la scolarisation d’enfants des communautés indiennes vivant autour du lac Atitlan au Guatemala. C’était vraiment un projet enthousiasmant et c’était notre premier format DVD aussi en plus du cd compilation. Le groupe argentino-colombien Che Sudaka de Barcelone a donné le titre Mentira Politika, une super cumbia festive avec un texte revendicatif et encore inédite à l’époque. Ils sont venus ensuite jouer à la Peña El Juli (dont les bénéfices sont répartis entre Club Quetzal, Unicef et les Restos du Cœur) pour les fêtes de la Madeleine 2008 à Mont-de-Marsan. Et ça a été une belle soirée qui a convaincu Alain, le programmateur de l’époque du festival Musicamas à la peña, de faire tourner ce type de groupe au styles musicaux métissés.

Cédric : C’est vrai que Sabor Discos c’est aussi des disques solidaires : Solidario donc mais aussi Resto Pollo Rico 3 au profit de l’association franco-équatorienne Ecuasol dont je suis membre et qui soutient les enfants des bidonvilles de Quito, mais aussi Puente Atlantico à nouveau au profit de Club Quetzal… La solidarité c’est primordial à tous les niveaux.
Je n’ai pas en tête véritablement d’événements marquants si ce n’est quand, habitant au Guatemala, je suis allé visité la salle informatique que nous avons pu équiper dans une école du lac Atitlan grâce aux bénéfices des ventes de Solidario. C’était du concret. Souvent on ne sait plus où va l’argent des dons que l’on fait et je le dis à chaque fois aux gens qui achètent encore le disque, que je sais où va l’argent, j’y suis allé ! Un autre élément marquant quand même c’est quand Sergent Garcia un artiste de renommée internationale nous a demandé de sortir un disque alors que nous étions fan depuis toujours. Et cette belle rencontre permet d’éditer cette année pour la première fois en vinyle son album « Una y Otra Vez » nominé au Latin Grammy Award. Donc pour moi ce sont des rencontres avec des artistes tels que Manu Chao qui nous a donné gratuitement l’autorisation d’utiliser un de ces titres en remix, les Flor del Fango que l’on bassinait depuis 2006 pour qu’ils se reforment et nous fassent cadeau d’un nouvel album…

C’est vos 20 ans, en 3 mots qu’avez-vous envie de fêter ?

Hervé : En trois mots, c’est assez difficile car c’est une année intensive pour nous ! On a commencé 2022 avec la promotion des différents singles issus de notre dernier 33 tours : Dancehall On Jamaica Avenue de Supa Bassie, tchacheur reggae de Valencia en Espagne et musicien de Sergent Garcia. On est en train de finaliser la fabrication de l’album Una Y Otra Vez du Sargento justement, à l’époque uniquement sorti en cd digipack chez Cumbancha Records. Même chose pour le nouvel album du groupe Sidi Wacho, Calle Sound System, qui sortira en format LP uniquement lui-aussi. Ces deux albums sont programmés pour juin dans le cadre de la manifestation Disquaire Day. Après l’été, les Che Sudaka fêteront aussi leur 20 ans d’existence avec la sortie d’un livre, Sin Fronteras (sans frontières) écrit par Antonin Vabre et Mingus, dont nous sommes partenaires en aidant à la fois à la promotion, à la diffusion et à organiser des rencontres dédicaces. En octobre, nous prévoyons la sortie du disque Un Nuevo Sol d’Hentrenamientoh, un groupe chilien de cumbia rap désormais basé à Barcelone, qu’on va faire venir en tournée. Enfin, nous allons collaborer avec le caféMusic’ pour organiser une soirée concert anniversaire de Sabor Discos avec Sidi Wacho et Supa Bassie en novembre si tout va bien. S’ajoutera une soirée festive similaire si possible fin 2022-début 2023 en Charente. Donc pour résumer nos 20 ans en 2022, c’est le mot challenge qui nous parle le plus ! Challenge de mener de front les activités du label avec nos vies familiales, professionnelles, associatives et culturelles. Challenge de boucler tous nos projets financièrement sans trop rajouter de nos poches personnelles. Challenge de valoriser chaque projet et d’en faire une bonne promotion même si nos moyens sont limités. Challenge de créer des opportunités (rencontres culturelles ou scolaires, concerts, distribution et diffusion) pour les artistes avec lesquels nous travaillons !

Cédric : Je crois que Hervé a tout dit. Je rajoute qu’en effet en tant que prof, j’ai commencé et je vais continuer à faire venir des artistes dans mes cours pour des projets plus ou moins importants : simples rencontres ou véritables ateliers sur plusieurs jours et notamment les Che Sudaka, la jeune chanteuse maya guatémaltèque Sara Curruchich qui vient régulièrement en Gironde, dans les Landes en concert et en résidence, Hentrenamientoh… Il nous faut renforcer nos liens avec les librairies de la région et notamment grâce au Rayon.

Et comment voyez-vous le label dans 20 ans ?

Hervé : Avec une année moins chargée pour les 40 ans du label j’espère ! Nous avons l’habitude de sortir un disque par an en moyenne, le temps que les ventes du disque paient le prochain. En 2042, on sera sans doute toujours actif avec un catalogue étoffé d’une petite vingtaine de disques ! On ne cherche pas à grossir dans le business musical, on veut juste faire les choses bien tout en développant des rencontres humaines et musicales.

Cédric : Nous avons déjà édité 23 albums mon cher Hervé donc combien en plus, je ne sais pas. Sera-t-il encore envisageable de sortir des supports physiques d’ailleurs car ce qui nous intéresse comme je le disais c’est l’objet, le concept d’album, les explications dans le livret, la signification des pochettes, des images. En tout cas on continuera sans doute la diffusion à la radio, d’aller rencontrer des artistes, c’est notre passion. Et puis les enfants seront grands donc peut-être aura-t-on plus de temps !!!

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Y a t’il une chose à faire absolument avant de monter son label ? Et au contraire une chose à éviter ?

Hervé : Je pense qu’il est bien de connaître le milieu musical au minimum, donc pourquoi pas faire des stages dans différentes structures, le RIM par exemple, ou une salle concert, ou une radio, ou un label, ou une agence de booking… S’engager comme bénévole dans une association ! C’est bien d’avoir une vision large de tout le business musical, de rencontrer différents acteurs de ce dernier et aussi des artistes. C’est comme enrichir son vocabulaire, toute expérience est bonne à prendre.
Dans les choses à éviter, voir trop grand et rester raisonnable. Je me souviens qu’au tout début du label, nous avions sorti des disques d’artistes latino-américains qui n’ont pas pu venir jouer ici pour différentes raisons. Du coup, c’est difficile de vendre des disques si l’artiste n’est pas présent pour défendre son projet musical sur scène… Ils nous reste pas mal de cartons en stock au grenier ou dans le garage !

Cédric : A part la radio et la passion pour la musique je n’avais aucune expérience dans le domaine musical lorsque l’on a monté Sabor Discos. Mais nous étions plus jeunes donc volontaires et dynamiques, plus nombreux aussi. Là nous avons régulièrement des services civiques qui nous donnent un coup de main et apprennent des choses, donc c’est un plus. En effet au début nous pensions faire quelque chose de plus grands car il y avait des artistes soit avec du grand potentiel soit déjà des stars dans leur pays et nous n’avons pas compris pourquoi nous n’avons pas pu les faire davantage connaître ici : Les Rabanes (groupe phare du Panama, Latin Grammy Award, chez Sony), Desorden Publico (qui remplissait des stades de 50000 personnes au Venezuela, et de nombreuses salles en Amérique latine, et avait même jusqu’à 28 dates en un mois en Allemagne et seulement 2-3 en France), et d’autres encore… Nous avions aussi repéré puisque j’habitais sur place l’essor futur du reggaeton et avions hésité à nous lancer dedans à l’époque puis cela a explosé en Europe. Mais finalement ce n’était pas complètement notre esthétique mais intéressant en tant que nouveauté. Les radios étaient aussi plus ouvertes à la nouveauté, diffusaient davantage, il ne fallait pas payer !!!! Aujourd’hui d’excellents artistes tels que Sidi Wacho ne sont quasiment pas diffusés et ne comptent que sur les concerts et les réseaux sociaux !!!

Comment définiriez-vous votre relation avec les artistes ?

Hervé : Respectueuse principalement, amicale ensuite. On fait toujours en sorte que l’artiste ait une vision globale de ce qu’on peut lui apporter avant qu’il signe son disque avec nous : nos possibilités comme nos limites qui sont surtout financières. Le disque se construit ensemble, nous arrivons à l’étape du mastering, de l’infographie, du pressage, de la communication et de la distribution.

Cédric : En effet les artistes sont certes moins visibles avec nous qu’avec d’autres labels de par nos faibles moyens mais restent propriétaires de leur œuvre (nous ne faisons que des contrats de licence), ont davantage de liberté, et des liens de respect et souvent amicaux naissent. L’idée reste pour nous de servir de tremplin pour leur carrière ou pour ceux dont elle n’est plus à faire comme Flor del Fango ou Sergent Garcia c’est la confiance et l’amitié qui priment.
Comme je le dis souvent, si nous recevons encore pas mal de demandes d’Amérique latine pour éditer des albums, c’est parce que nous avons toujours été réglo. Tous les artistes d’Amérique latine ont reçu leurs royautés, leurs disques même s’il ne s’agit que de 50 euros. Alors que certains d’entre eux nous disent qu’ils n’ont jamais rien reçu d’autres labels ou distributeurs européens.

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Quels conseils donneriez vous à un groupe de musique qui se lance ?

Hervé : D’être créatif ; de beaucoup, beaucoup répéter (le travail, y’a pas de secret) ; de tourner le plus possible. La scène, c’est vraiment formateur ! Les connexions arriveront petit à petit.

Cédric : la communication aussi car de très bons groupes n’arrivent pas à percer faute de communication et de formatage imposé. Faites-vous d’abord plaisir car peu de gens vivent de la musique donc il ne faut pas non plus se faire un film.

Quels sont les projets à venir pour Sabord Discos ?

Hervé : Un peu de repos en 2023 ? Lever le pied, sûr, le temps que les ventes renflouent les caisses. On aimerait bien aider à ce que Sidi Wacho soit programmé sur le Sakifo Festival à la Réunion car on est persuadé que leur gouaille, leur humour et discours politique fera mouche sur place. Le groupe représente un beau métissage de personnes et musical aussi !
Faire collaborer une agence de booking française avec Hentrenamientoh. Cédric prépare un voyage en Argentine, moi j’aimerais bien retourner en Colombie et au Québec, Inch’Allah. C’est toujours l’occasion de nouvelles connexions sur place et de découvertes artistiques. Ce serait bien aussi d’avoir l’occasion de voir un concert de Santa Fe Clan dans le DF (à Mexico) par exemple, c ‘est le groupe qui cartonne bien au Mexique en ce moment. Mais à défaut, on ira au Pays Basque ou en Espagne cet été, c’est plus facile avec les enfants !!!

Cédric : Comme Hervé le dit on sort d’habitude un disque par an et cette année si on compte depuis fin 2021 ce sont pas moins de 4 albums, un livre, des partenariats avec des festivals et des artistes (Steff Tej et Ejectés), notre propre soirée d’anniversaire Sabor Discos qui sont en route. Par ailleurs, et on remercie énormément le RIM pour cela, si on peut faire tout cela, c’est grâce au prêt à taux 0 que nous avons obtenu et que nous devons rembourser pour la fin de l’année. Donc c’est une priorité mais les pré-commandes de Sergent Garcia et de Sidi Wacho sont de bon augure pour la suite. Nous savons que nous mettrons plus de temps pour écouler l’excellent album reggae rub-a-dub de Supa Bassie ou la fusion cumbia-rap-ska de Hentrenamientoh.

Une personne, une asso, un collectif avec lequel vous aimeriez travailler ?

Hervé : On aimerait bien faire venir Manu Chao en concert au moins deux soirs de suite aux arènes de Mont-de-Marsan. Ce serait chouette de pouvoir y mettre des groupes de notre label en première partie comme Hentrenamientoh par exemple, qui ont enregistré une chanson avec lui, ou les Che Sudaka qui jouent avec lui dans la rue à Barcelone. Deux soirées minimum, comme ça les bénéfices d’une irait à des associations humanitaires comme Club Quetzal, SOS Méditerranée ou autre. Mais pour l’instant, on n’a pas les reins assez solides pour une aventure de ce type ! On aimerait bien faire un album style Fermin Muguruza & Friends mais c’est compliqué… à voir déjà si on arrive à le faire venir pour présenter son nouveau film Black Is Beltza 2 avant la fin de l’année !

Cédric : Les Argentins Los Fabulosos Cadillacs, un groupe phare d’Amérique latine, qui a commencé dans les années 80 à faire du ska en voulant imiter Madness… et qui a vu sa musique évoluer en s’essayant au jazz, au rock, à la musique latine et en terminant il y a quelques années par un album opéra. On a failli les faire venir en France il y a quelques années mais ces vétérans véritables icônes de l’Argentine jusqu’aux Etats-Unis ne se retrouvent désormais que pour quelques concerts par an. J’ai eu la chance de les voir en concert au Mexique devant un public acquis et cela change tout.
C’est vrai qu’un projet avec Fermin nous tient à cœur même si cela avance très lentement et puis enfin on souhaite aussi continuer avec d’autres assos humanitaires qui bossent avec l’Amérique latine.

3 morceaux que vous recommanderiez aux lecteurs ?

Hervé : Parmi les artistes avec qui nous travaillons, partons sur trois cumbia rapées du coup :

SERGENT GARCIA ft LILIANA SAUMET – MI SON MI FRIEND, une chanson célébrant les relations humaines et privilégiant ce qui nous enrichit, tout en invitant à la danse !
SIDI WACHO : LEJOS DE CASA, La bande son de l’exil (Loin de la maison) raconte en musique le déracinement, la nostalgie, la tristesse, mais aussi la fête et les rires des exilé.e.s !
HENTRENAMIENTOH : FLOR DE POBLACION, Un hymne aux gens des quartiers des grandes villes du Chili, au petit peuple d’origine indienne et bonnes énergies qui sortent de ces quartiers populaires.

Cédric : Pour moi il y a aussi les DESORDEN PUBLICO avec par exemple le titre LOS QUE SE QUEDAN LOS QUE SE VAN qui parle des émigrés vénézuéliens car on ne sait pas souvent que les Venezueliens (jusqu’à cette crise ukrainienne) forment la deuxième plus grande cohorte de gens fuyant leur pays derrière la Syrie avec près de 6 millions selon l’ONU. Et donc c’est un hommage à tous ces gens partis refaire leur vie ailleurs mais sans oublier leur pays d’origine.
Il y a aussi ce très beau titre de FLOR DEL FANGO (ex Mano Negra, Parabellum…) : JE LAISSE VENIR qui reste sur la même thématique de l’exil mais cette fois notamment l’arrivée de la chanteuse espagnole dans le Paris cosmopolite des années 70-80. J’ai des frissons à chaque fois que je l’écoute !
Et je terminerai par un groupe de salsa français, un excellent groupe parisien qui sait jouer tous les styles de salsa et même fusionner ces rythmes cubains avec d’autres. Nous avons sorti leur premier album en 2005 je crois et ensuite cela nous a donné envie de sortir le première compilation de salsa française avec des groupes de l’hexagone. IL s’agit de OCHO Y MEDIA avec ATLETICO, un titre mambo avec des scratch parlant de sport, très dansant.

Vous animez  une radio aussi ?

Hervé : Bon Cédric en a parlé brièvement sans avoir la question mais c’est notre émission radio ! On anime une 1h d’émission musicale toutes les semaines sur Radio MDM, le mercredi à 11h et rediffusion le samedi à 19h. Sur un mois la première semaine tourne autour des musiques latines et métissées, la suivante est plutôt reggae, ensuite c’est l’émission ska, et enfin soit c’est une autre émission reggae ou alors soul-funk-afrobeat en fonction des nouveautés. L’émission Black Super Market (nom clin d’oeil à The Clash !) existe depuis 1991 sur différentes radios : Campus Toulouse, Anglet FM, Pau d’Ousse et enfin Radio MDM depuis décembre 1998 ! C’est toujours un réel plaisir de diffuser les derniers titres sortis, de réaliser des rétrospectives, des interviews, des annonces concerts… de partager nos coups de cœur musicaux et de faire du lien tout simplement ! Player, podcasts et playlists sur www.radio-mdm.fr

Pourquoi ce fort intérêt pour l’Amérique Latine et le Ska ?

Cédric : Je suis la génération Mystérieuses Cités D’Or et que depuis 8 ans je voulais y aller et le ska avec la seconde vague, la fameuse vague anglaise Two Tone que nous avons connue enfants avec Madness, The Specials, The Beat, The Selecter. ET finalement avec ses bases là, la Mano Negra et la découverte des Desorden Publico et Fabulosos Cadillacs dans les années 90, nous avons pu nous ouvrir davantage aux fusions qui n’arrivaient pas jusque à nous en Europe à l’époque.
Et puis aussi concernant les tournées, on essaie donc de manière tout aussi bénévole de trouver des lieux pour que les artistes avec qui nous travaillons jouent un maximum sur scène, donc comme nous n’avons pas trop abordé ce thème, si nos esthétiques parlent à des tourneurs, salles, bars… qui lisent cet article, n’hésitez pas à nous contacter et à aller sur la page promo du label sur le site du RIM !

Pour finir, quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?

Hervé : Être honnête dans nos relations avec les intervenants de la chaîne du disque !

Cédric : oui l’honnêteté et la tolérance sont deux de mes valeurs. J’aime bien aussi dire à mes élèves que « plus ils sauront de choses, plus ils seront libres, libres de leurs choix dans leur vie ».

PORTRAIT · Laura · Gérante à La Papeterie des Arceaux

Laura, gérante de La Papeterie des Arceaux

Le Rayon te propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre la musique en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on t’invite à prendre le café avec les pros du microsillon.

Aujourd’hui Le Rayon te présente Laura, gérante de La Papeterie des Arceaux, situé à Grand Brassac (24350). Cette papeterie est un « atelier-boutique hybride et espace de création au milieu de nul part » comme nous dit Laura.

En un seul et même endroit, vous pouvez trouver des livres, une papeterie avec du matériel en vente, des ateliers de papiers animés, gravure sur bois, reliure, et tant d’autres..

Qui es-tu ? Peux-tu te présenter rapidement ?

Rapidement ? Impossible ! (rire)

Je suis réalisatrice « de formation », mais en pratique je suis une artiste qui utilise ses mains et sa curiosité, autodidacte dans de nombreux domaines, rien ne m’arrête, je suis tour à tour et selon les saisons relieuse, tisseuse, papetière, imprimeuse, vidéaste, pédagogue, libraire et (toujours) indépendante et oui ça sonne avec petit salaire, parfois galère, mais aussi dissimilaire et heureuse, je façonne avec ce que j’ai et ce qui m’inspire… avec le soutient de Jean-Christophe Long – auteur graveur et accessoirement mon conjoint – j’avance et je propose « un autrement » à ma sauce.

« Émancipée et sans complexes », ah ! que j’aimerais pouvoir dire que c’est tout moi ! Non, par contre, très vite (c’est relatif) j’ai compris que pour être tranquille, avoir “la place qu’on veut”, refuser la place qu’on nous octroi, ne pas être emmerdée, il faut comprendre l’environnement dans lequel on vit, saisir ses “règles” et ses limites, ses failles, se les approprier, s’en imprégner et les détourner à son avantage sans nuire à qui que ce soit – façon ninja des bois. Je suis (trop) bien éduquée et sais me tenir à carreau si besoin – une arbalète à la main. À côté de ça, j’ai beaucoup (trop) de patience, je passe beaucoup (trop) de temps avec les mots, les images, la musique, j’aime (trop) les jeux !

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90% du temps je suis une grande solitaire qui fabrique des objets uniques (reliures, films, tissages, monotypes, pliages, etc, à la demande de clients privés et publiques), 10% du temps je suis un bulldozer de sociabilité qui laisse une place nette là où je passe.

J’aime créer des liens, accorder, filer et pas qu’en reliure, vidéo ou tissage.

Peut être que je suis une espèce de « handicapée de la société » parce que je vois nettement des aspects que beaucoup choisissent d’ignorer. Ça ne me simplifie pas la vie, mais je fais avec. Je travaille avec, je détourne et pousse à contre courant, si besoin, j’avance à coup de boule dans le vide, toujours un sous-rire affiché ; dans une ville ça passerait certainement inaperçu, ici, c’est différent… C’est pas facile tous les jours (moins de passage ou de visibilité qu’en ville, moins d’interactions quotidiennes, ce qui m’arrange parfois ; même souvent…) mais je ne désenchante pas, ça rend les rencontres et les créations d’autant plus réjouissantes et profondément humaines.

Peux-tu nous raconter l’histoire de ta boutique ?

Un chaos organisé (rire)

La papeterie des arceaux est un résultat de tout ça, de mon engagement politique, social, artistique, loin des discours élitistes, c’est pas qu’une boutique ou un atelier, c’est aussi d’une démarche personnelle qui consiste à repenser l’économie, la politique, la société et comment je fais partie (ou pas) de tout ce qui se passe autour de nous, avec tous les risques que ça engendre – économiques, politiques et sociaux.

Tout ça pour dire qu’après avoir eu un master en « Cinéma expérimental d’animation et arts visuels de l’espace, option reliure et typo » à Bruxelles, avoir bossé par intermittence dans l’enseignement (Français-Anglais langue étrangère, cinéma, art plastique et arts appliqués) en parallèle avec avec un emploi salarié dans une asso culturelle en milieu rural (que j’ai créé en 2006 – ARTicle19), j’ai tout lâché, à commencer par les filets de sécurité et j’ai construit, au sens littéraire et concret (des mois à poser de l’isolation et du placco seule) un espace de création (atelier) et de vente (boutique) qui réunissent tout ce que je sais ou aime faire pour le partager avec les locaux, les curieux de passage ou les ami-e-s habitué-e-s de mes idées farfelues.

Ici les pistes sont multiples avec une base « image/papier » prépondérante – ça tombe bien pour une papeterie-librairie – et le partage des savoirs-faire… tout ce que je fabrique, je le propose en atelier d’initiation. J’invite régulièrement d’autres artistes à compléter la proposition avec leurs univers et savoirs-faire (brasure, céramique, circuit-bending, impro’, lasagnographie, collographie, gravure, bois, photo, musique…) – ce qui me permet aussi de me nourrir les neurones. Parfois, un dimanche à la Papeterie, c’est un TeaTime musical, une performance de street art rural ou impro’ciné à manivelle. Selon les saisons, les affinités et les rencontres.

Peux-tu nous en faire une visite imaginaire?

Dans la boutique, il y a du papier artisanal de grande qualité, des outils d’artiste, des objets uniques faits-main (t-shirts, reliures, gravures, films, livres, des œuvres originales) et une librairie indépendante (je fais aussi parti du FRMK, un collectif d’artistes et maison d’édition Franco-Belge de BD, dont mon conjoint est un des co-fondateurs).

Depuis le début de cette aventure (2017), l’image et le son sont omniprésents et sont le moteur de mon entreprise (au sens « combat »). Et oui l’accès à la culture et à sa pratique reste un combat à réinventer au quotidien, localement, avec un œil sur ce qui se pratique ailleurs… l’art c’est vivant, changeant et ça prend du temps, le temps au rythme des saisons et à échelle humaine en milieu rural, me va très bien. L’atelier est rarement silencieux, la musique fait parti du biotope créatif qui pousse bien par ici, les pieds dans la mare, la tête dans le composte.

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Pourquoi as-tu voulu accueillir un bac à disques le Rayon ?

Le Rayon du RIM est arrivé ici comme beaucoup de choses dans « mon espace rural » : une discussion avec une amie musicienne (Delphine Barbut) à qui je demandais si elle avait des pistes pour avoir plus que de simples dépôts de CD de copains musiciens (mais que je continue à avoir naturellement). Je voulais des choses indépendantes, mais pas bordéliques, du local, mais pas arrêté sur un style, un label ou un circuit, des choses hétéroclites mais abordables, un choix pointu mais accessible et aussi continuer à découvrir des groupes. Delphine m’a répondu « RIM »… J’ai pris contact avec Manu ou c’est peut être l’inverse, il est passé, m’a expliqué et c’est exactement ce que je cherchais… nous étions fait pour nous entendre !

Un disque que tu as particulièrement aimé dans ce bac ?

Ça dépend de la lumière (rire)

Dans le bac du Rayon du RIM il y a de tout et ça, c’est parfait. La musique est aussi variée que mes activités à l’atelier-boutique-librairie. Dans une journée je peux faire 10 choses différentes. J’ai une tendance naturellement punk-rock : It It Anita n’est pas idéal pour faire la compta, mais c’est arrivé. J’aime aussi des ambiances plus planantes, Leila Martial ou Shannon Wright se tissent bien quand je file du papier au rouet à pied, je peux aussi sauter dans tous les sens en nettoyant l’encre et les rouleaux sur un morceau de Sweat Like an Ape, boire un thé avec un nouveau client et Troy VB, prendre le verre de la débauche avec les ami-e-s de passage sur un fond jazz avec Rodolphe Lauretta, imprimer avec Sunbather ou bien encore fignoler des images numériques et commandes d’affiches originales en sifflotant sur Sunflower…

Bref, j’arrive rarement à m’arrêter sur un seul choix. C’est ça la vie, non ? Plein de possibilités – pas simultanément, mais très appréciées à différents moments. Et le RIM y contribue…

Quelle est la dernière sortie qui t’a fait frissonner ?

Le weekend dernier à Toulouse (06/03/22) : IDLES… et l’ énergie était au rendez-vous !

Du show, du son, du militantisme, de l’obstination…ça me parle. J’en ai encore mal à tous les muscles de mon corps ! Et au passage, j’ai découvert Witch Fever, que je vais suivre de plus près…

A quoi ressemble une journée type dans ta boutique ?

Pas de journée type ici, après les « obligations administratives », je vais là où ça se présente, je m’adapte et peux changer de cap à tout moment, c’est souvent calme, rarement sans saveur.

Selon toi, comment trouver la perle rare en musique / littérature ?

Échanger, écouter, rester curieux, tout goûter, comme en cuisine.

J’ai aussi quelques personnes « ressources » qui m’ont rarement déçues dans leurs propositions (Steve Lamacq, Gideon Coe, Marie-Ann Hobbs ou Marc Riley sur BBC6 – d’ailleurs c’est via eux que j’ai découvert la majorité des groupes que j’écoute au quotidien jazz, électro, punk, rock, pop… no limit…) en cuisine je pourrai aussi parler de personnes ressources mais c’est pas la question.

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Si tu avais une chanson à écouter en boucle ?

Mais quelle question… Dans la matinée sont passés par mes oreilles Sprints, Rozi Plain, IDLES, Angel Olsen, Kim Gordon, This is the Kit, Wolf Alice, Sun Ra, Primo, Squid, Shame, Tom Waits, Suicide, Disq, My Octopus Mind, La Jungle, Big Joani, Robert Wyatt, Dream Wife, Margaret Glaspy, Arab Strap, John Coltrane, Peaches, Pottery, Susumu Yokota, Young Fathers, T.Monk, Hen Ogledd, L7, The Kills, Gustaf, Snapped Anckles, Mogwai, MoonDog, Car Seat Headrest, Seaford Mods, Takuya Kuroda, Autechre… pfff …peux pas choisir…

Pour finir, quel est le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?

En arrivant dans notre village, on nous a dit « soyez vous-même, ne cherchez pas à plaire à tout le monde » : c’est un sage conseil dans la vie aussi.

INTERVIEW · Nolwenn · Attachée de presse à Banzai Lab

Nolwenn, attachée de presse chez Banzai Lab

Le Rayon te propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre la musique en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on t’invite à prendre le café avec les pros du microsillon.

Aujourd’hui Le Rayon te présente Nolwenn, attachée de presse auprès du label associatif Banzai Lab, situé à Bordeaux. Ce label soutient, favorise le développement et accompagne les artistes dans leurs démarches professionnelles afin qu’ils puissent consacrer leur énergie et leur talent à créer.

En lien direct avec les artistes, Nolwenn se charge de promouvoir leurs albums, singles ou autres événements à venir. Dans cette interview, elle te livre tous ses conseils et expériences sur son métier.

Découvrez les vidéos ci-dessous :