Tramhaus - Blister

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Artiste : Tramhaus

Album : Tramhaus - Blister

Label : Vicious Circle

Sortie : 09/10/2026

Genre : post punk, punk rock, post hardcore


Description de l'album :


NOUVEAU SINGLE

SWARM

SORTIE : 26 AOÛT 2026

Biographie :


« The hours of folly are measured by the clock; but of wisdom, no clock can measure. »

Cette phrase de William Blake, tirée des « Proverbs of Hell » dans The Marriage of Heaven and Hell, peut être vue comme une invitation à prendre du recul sur nous-mêmes et sur nos ambitions. Un avertissement qui fait penser à l’histoire de Tramhaus. Avec la sortie de leur deuxième album, Blister, les cinq musiciens de Rotterdam semblent avoir digéré leur ascension fulgurante d’une manière que Blake n’aurait sans doute pas désavouée.

Chez Blake, ces proverbes sont présentés comme des enseignements du diable : ceux qui courent après leur prochaine dose finiront par se brûler les ailes. Les contraintes d’une vie sur la route, dictée par les horaires et souvent éreintante, imprègnent tout Blister. On l’entend notamment dans la pulsation qui traverse « Lap Dog » de bout en bout. La pression constante du temps et des attentes des autres résonne aussi dans les paroles, lorsque le chanteur Lukas Jansen déclare : « For the longest time, I followed hearts », avant de conclure quelques lignes plus loin : « I’ll just agree on everything, to get along. »

Mais Tramhaus est un groupe capable de faire face à ce qu’il traverse en s’appuyant sur sa cohésion. Son esprit de bande et le réseau d’amitiés « glocal » construit ces cinq dernières années lui ont permis de tenir le rythme d’une tournée quasiment permanente tout en donnant naissance à un disque qui dépasse les promesses de son premier album, The First Exit (2024).

Une patience collective, presque physique, imprègne ce nouveau disque. Les files d’attente, les refus à l’entrée, les balances, les chambres d’hôtel solitaires… The First Exit était une décharge émotionnelle permanente, la bande-son exaltée d’une succession d’urgences. Mais il s’appuyait encore sur un horizon moins large que celui de Blister.

Tramhaus n’est pas un groupe qui écrit sur la route. Les tournées sont souvent trop stressantes pour parvenir à saisir ce qui finira sur disque. Des idées émergent bien pendant les balances ou en observant l’interminable défilé d’autres groupes. Mais les morceaux ne sont jamais totalement terminés avant l’entrée en studio. Tout continue d’être ajusté jusqu’au dernier moment, jusqu’à ce que la musique commence réellement à circuler. Comme le résume le guitariste Micha Zaat : « It's a living thing. »

Ce nouvel album a été enregistré au GAM Studio, dans la forêt des Ardennes belges, à nouveau avec Floyd Atema à la réalisation et à la production. Isolé du monde, le studio a offert au groupe une vraie respiration. Longues promenades en forêt, matchs improvisés dans le jardin… Le groupe avait l’impression « d’être en dehors du monde normal. »

Puissant, bruyant et affirmé, Blister révèle toute sa richesse au fil des écoutes. Le disque dégage une réelle assurance. La production est ample et élégante, avec une forte sensation d’espace et de puissance. Cela tient en partie à un travail sonore plus raffiné, attentif aux nombreuses nuances des médiums. Micha Zaat explique : « Le studio nous a donné la possibilité d’expérimenter avec du matériel haut de gamme, ce qui convenait bien à ce nouvel album, puisque nous recherchions un son plus riche et plus texturé. » Atema, particulièrement impliqué, a poussé le groupe dans ses retranchements pour obtenir certains détails qui échappaient parfois à des musiciens étourdis par les prises répétées. Pour le groupe, Atema est le véritable sixième membre de Tramhaus.

Passons aux morceaux. Le vertige des dix-huit derniers mois passés sur les routes se retrouve dès le titre d’ouverture, « Plovdiv », du nom d’une ville bulgare où le groupe a joué. Le groove glam porté par le batteur Jim Luijten et la bassiste Julia Vroegh propulse une série de riffs menaçants, sur lesquels viennent se poser des lignes de chant scandées ou hurlées, qui évoquent le temps qui file ou lancent des proclamations comme : « Trust is the guide, blindly I’ll follow ».

Citer des paroles évoquant une confusion temporelle peut sembler paradoxal lorsqu’on affirme que Tramhaus, revigoré par cette parenthèse sylvestre, a développé un sens très concret de l’espace et du temps dans sa musique. Pourtant, cette capacité à équilibrer et à élargir sa palette saute immédiatement aux oreilles sur ce disque, c’en est même l’un des éléments centraux. Sur « Cluster », par exemple, le son métallique et percussif d’une guitare contraste magnifiquement avec le gémissement de l’autre. Un mélange d’atonalité et de mélodie. Un travail d’alchimie qui laisse à la chanson tout l’espace nécessaire pour respirer, quelque chose que le premier album ne parvenait pas encore à exprimer pleinement. Le morceau suivant, « The Answer? », chanson d’exil et de refuge, oppose un riff twangy à des déferlements rythmiques agressifs et une basse nerveuse. Cette tension dramatique naît précisément de ce contraste. Le jeu de guitare frénétique de Zaat se heurte aux riffs saccadés de Nadya van Osnabrugge, créant une sensation permanente d’instabilité.

Le dialogue entre les guitares de Micha Zaat et Nadya van Osnabrugge fonctionne comme une danse, où chaque musicien répond physiquement aux mouvements de l’autre. Cette symbiose semble naturelle, sans répartition des rôles véritablement définie à l’avance. Tous deux ont pourtant des styles et des parcours très différents. Mais chacun pousse volontiers l’expérimentation, aussi bien dans les sons que dans les arrangements. L’imaginaire joue un rôle central dans leur approche. À propos de « Cluster », Zaat explique avoir l’impression que sa partie revient à « labourer une terre épaisse tandis que Nadya flotte au-dessus comme une fée, donnant à l’ensemble du morceau une dimension presque sisyphéenne, une tension entre un désespoir sans fin et l’espoir. »

Les morceaux plus lents révèlent parfois une ampleur rock que le groupe ne faisait jusque-là qu’esquisser, on pense aux Pixies, voire, pourquoi pas, à un lointain écho de Nick Cave and the Bad Seeds. En ce sens, « Overachiever, Big Believer » et « Sly (Like Ever) » mêlent âpreté et lignes mélodiques minutieusement construites. Plus loin, « Solace », avec ses accords ouverts, affiche un aplomb qui pourrait venir d’un morceau des Saints. La voix rêveuse et délicieusement nonchalante de Jansen y ajoute une douceur enveloppante.

Après l’introspection de la courte pièce sonore « Recoil », Tramhaus retrouve le son avec lequel il pulvérise actuellement les salles : « Rat Race » fonce à toute allure à travers une série d’observations brèves, acérées et parfois énigmatiques. Une fois encore, les textures de guitare sont travaillées avec précision pour produire un maximum d’impact. D’abord contenues dans une froide tension, elles explosent dans l’élan du refrain. La fin abrupte du morceau ne fait qu’en renforcer la puissance. Tramhaus possède clairement un talent rare pour exploiter un riff jusqu’à son plein potentiel. 

Le point culminant arrive avec « Swarm ». Après un grondement de basse monolithique, un riff glorieux vient s’abattre sur l’auditeur. Un morceau à la fois hymnique et transcendant, le genre de titre qui aurait été un hit assuré à une autre époque, poussant des adolescents du monde entier à jouer de l’air guitar devant le miroir de la chambre de leurs parents. On aimerait qu’il dure deux fois plus longtemps. Et pour détourner maladroitement une autre phrase de Blake : Tramhaus, jouez encore cette chanson.

- Richard James Foster

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FFO
Viagra Boys, Pissed Jeans, Protomartyr, Parquet Courts, Pixies

CRÉDITS
Chansons écrites, composées et interprétées par Tramhaus
Enregistrées au GAM studio (Belgique) par Floyd Atema
Mix : Floyd Atema
Mastering : Tammo Kersbergen
Photos et pochette : Marc Elisabeth
(P) & (C) 2026 Vicious Circle under license from Tramhaus

TRAMHAUS
Lukas Jansen : chant
Nadya van Osnabrugge : guitare / chœurs
Micha Zaat : guitare / chœurs
Julia Vroegh : basse / chœurs
Jim Luijten : batterie / chœurs


DISCOGRAPHIE
Blister (nouvel album, 2026)
The First Exit (album, 2024)
Rotterdam (EP, 2022)