Festival Égale à égal, pour l’égalité femme homme dans les arts et la culture

Le Rayon te propose de partir à la rencontre des passioné·e·s qui font vivre la musique en Nouvelle-Aquitaine. Entre circuit-court, développement de projets artistiques locaux et promotion des talents de la région, on t’invite à prendre le café avec les pros du microsillon.

Aujourd’hui Le Rayon te présente Anne, l’une des fondatrices et organisatrices du festival Egale à égal. Un évènement culturel de Poitiers dont le but est de mettre en avant les femmes dans les arts et la culture et de palier les inégalités femmes hommes.

Cette année, retrouvez le festival itinérant du 9 Novembre au 10 Décembre dans Poitiers et le Grand-Poitiers.

Salut Anne, est-ce que tu peux te présenter ?

Je suis Anne Morel Van Hyfte, directrice artistique de la Cie Sans Titre et coordinatrice et fondatrice du festival Égale à égal.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est le festival Égale à égal ? Les valeurs ? Le message transmis ?

Et bien les valeurs du festival, c’est défendre l’égalité et contribuer à réduire les inégalités femmes-hommes, notamment dans les métiers des arts et de la culture et permettre une visibilité des femmes sur la scène mais je dirais sur la scène du monde, dans l’espace public et politique.

Comment est née l’envie de créer ce festival ?

C’est l’association Mouvement HF, Égalité Femmes Hommes dans les métiers des arts et de la culture qui est née en 2009 à Poitiers. Cette association est basée en Nouvelle-Aquitaine mais c’est aussi un mouvement inter-régional. On s’est dit « quel outil va-t-on déployer pour réduire les inégalités ? ». Alors, on a déployé ce festival.

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Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine festival égale à égal

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine festival égale à égal

Pourquoi faire un festival itinérant plutôt qu’un festival dans un seul lieu ?

C’est la nature même du festival. La programmation du festival s’appuie sur des structures qui accueillent des projets artistiques dans leurs lieux. Le festival se déplace dans ces structures.

Qui compose votre équipe à l’année et lors du festival ? Faites vous appel à des bénévoles ?

Oui, pendant le festival on a des bénévoles. Mais il n’y a pas d’équipe à l’année. Il y a une équipe qui se mobilise (communication, la coordination…) au moment du festival autour de la Cie Sans Titre (dont je fais partie). Au total il doit y avoir 8 personnes.

Comment a t-il été accueilli ? Par les autres festivals du territoire, partenaires, … ?

Le festival a d’abord été accueilli avec un peu d’indifférence et puis on a réussi à s’imposer à force de temps.

Comment concevez-vous la programmation ?

Alors chaque artiste vient avec sa structure. Et donc c’est un partenariat avec une artiste et une structure. Et ils font la programmation. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de comité de programmation, il n’y a personne qui dit qui peut passer dans notre festival ou non. Dans ce festival, c’est une artiste, une structure qui présentent un projet et le festival achète la deuxième représentation. Ce n’est pas un énième festival sur une thématique, c’est un levier de production et de diffusion. C’est une programmation vraiment diverse et spontanée qui reste cohérente. Il n’y a aucun regard esthétique sur la programmation.

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine festival égale à égal

Avez-vous rencontré des difficultés lors de l’organisation du festival ?

C’est surtout le montage financier qui demande un gros travail parce que le problème c’est le multi-partenariats. En effet, pour obtenir une somme relativement modeste, il faut vraiment une quinzaine de partenaires, donc 15 dossiers de subvention, des relances… ça fait un gros travail administratif.

C’est la 5e édition… Qui compose votre public ?

Je dirais qu’il y a un public assez large, parce que pour les spectacles pour enfants dans la maison de quartier, il va y avoir des enfants et un public mixte. En moyenne c’est 65 % de femmes dans le public.

Comment voyez-vous l’avenir du festival ?

Le but de ce festival est de disparaître. Que les femmes puissent apparaître dans les programmations de tous les théâtres nationaux, les scènes nationales, les maisons de quartier, partout. Je ne sais pas si ce festival fait avancer quelque chose mais en tout cas, ça fait exister. On voit bien, avec tous les mouvements réactionnaires, que tout ce qui ne se défend pas comme droit a tendance à disparaître.

Une personne, une asso, un collectif avec lequel vous aimeriez travailler ?

J’aimerais surtout que d’un coup on dise, suite au festival Égale à égal, j’ai vu telle artiste ou telle artiste et qu’on ait envie de les programmer. Ce que j’aimerais c’est que ce festival permette de faire émerger des artistes et qu’elles se retrouvent au TAP (théâtre Auditorium de Poitiers). Mes plus beaux compliments seraient : « oh j’ai commencé avec le festival Égale à égal, ça m’a mis le pied à l’étrier, et maintenant on est visible et crédible, etc…« .

Une autre initiative comme la vôtre que vous voudriez mettre en lumière ?

Non tous les autres ils font de la merde ! (rire) Non je pourrais citer  Les Expressifs, dans un autre domaine, de qui je suis très proche. Il y a aussi les menstrueuses et toutes les initiatives qui tendent à mettre en visibilité les femmes finalement. Il y a aussi pas mal de Youtubeuses, j’aime bien le meufisme. Ce sont des outils pédagogiques et de mise en partage gratuits que j’aime bien soutenir. Citons quand même le planning familial puisque depuis le CIDF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes), ils sont sur le terrain et accompagnent les violences faites aux femmes à cause des inégalités.

Quels conseils donneriez vous à des personnes voulant se lancer dans l’organisation d’un festival ?

Appelez Sabrina (rire) : c’est la coordinatrice du festival ! Elle gère toute la mise en œuvre et la coordination.

Le Rayon du RIM Nouvelle-Aquitaine festival égale à égal

Un moment marquant des éditions précédentes ?

Et bien mon moment préféré du festival ça a été les « fulgurances ». Une fulgurance c’est quand on se retrouve avec plein d’artistes. J’en ai deux préférés : « Le Bal Masqué des super-héros/héroïnes » et puis « A la folie » avec les textes d’Amélie Bertin. Ce sont des témoignages de femmes au commissariat, très fort comme moment.

 

Pour plus d’information : https://www.festivalegaleaegal.com/